Ils investissent peu dans la formation et les relations humaines, ils recrutent plus les non-qualifiés que les cadres, ils sont misogynes (recrutent plus les hommes que les femmes) et ils recrutent plus les gens âgés que les jeunes cadres. C’est ainsi que l’on pourrait synthétiser les résultats d’une étude élaborée par Yassine Hamza, directeur du département de gestion hôtelière et Touristique à l’Institut supérieur des Technologies de Sousse. Cette étude intitulée « Formation supérieure en Tourisme en Tunisie » fait aussi l’état des lieux de l’offre de formation existante, des compétences à développer.
Plus de 2000 bacheliers y seront.
Dans le secteur touristique les offres de formation qui sont présentés par les universités et les institutions tunisiennes sont multiples. Ces offres de formation comprennent des Licences et des Masters. La formation s’y déroule selon trois axes qui sont le management, les langues appliquées et l’animation. 2000 bacheliers ont été orientés vers ces filières au niveau des établissements publics pour la rentrée septembre 2008. En attendant, une étude faite par le même auteur sur le marché de l’emploi dans le secteur du tourisme a montré nombre de défaillances. L’étude a été faite sur la base d’un questionnaire diffusé, à travers les commissariats régionaux du tourisme, auprès de 205 hôtels et 190 agences de voyage. Le groupe de travail affirme n’avoir reçu que 33% de réponses de la part des hôteliers et plus ou moins 10% de taux de réponse de la part des agences de voyage. Les principales déductions de cette enquête, démontrent que le taux d’encadrement demeure faible. Il est inférieur à 10%. Cette étude a prouvé que 50% au moins des emplois offerts chez les hôteliers nécessitent peu de qualification et que %75 des employés des hôteliers, sont des agents d’exécution. .
Les résultats de l’étude ont aussi montré que presque 25 % des personnes exerçant au sein des hôtels tunisiens sont âgés de plus que 40 ans et que 7% ont plus de 50 ans d’âge. Les hôteliers n’investissent plus dans les RH, prennent le moins-coûtant et lorsqu’ils recrutent des jeunes diplômés, ces derniers ont d’énormes difficultés de communication, selon l’étude. Apparemment peu portés sur les CDI, les hôteliers préfèrent les non-permanents. Selon l’étude de Yassine Hamza, le pourcentage des employés permanents chez les hôteliers, est inférieur à 40%. L’étude confirme ainsi encore une fois, le ralentissement des investissements dans le secteur hôtelier durant tout le dernier quinquennat.
La communication pilier de l’évolution.
Cette étude a fini par donner des recommandations qui concernent principalement le développement de la compétence « communication » au niveau des programmes de formation. Une compétence qui se montre de plus en plus primordiale pour les jeunes recrutés dans le secteur touristique. L’étude a aussi appelé à mettre en place des formations spécifiques ou thématiques. Enfin l’adoption des standards internationaux en matière de formation serait encore plus primordiale pour un meilleur sort du secteur ainsi que l’intégration des réseaux dans une optique d’exportation des ressources.