« Tourisme, Formation &Emploi » a été le thème du séminaire organisé hier par le magazine Tourisme Info conjointement avec le comité d’organisation de CNE et de son président Moncer Rouissi notamment. Le séminaire a été l’occasion de faire le diagnostic de l’emploi dans le secteur touristique, de faire l’état des lieux des emplois existants et discuter de la formation de façon générale, des institutions de la formation et des étudiants en formation en particulier et des meilleurs moyens de booster la création de l’emploi dans le tourisme..
Le Tourisme : secteur d’une grande importance
Le secteur du tourisme représente 350.000 postes d’emplois directs et fait vivre 20% de la population tunisienne. Et si l’on n’oublie pas les agences de voyages et les centres de thalasso, on s’aperçoit que le secteur du tourisme offre encore plus de postes d’emplois indirectes. Le secteur souffre cependant encore de plusieurs pratiques qui gênent son image et qui entravent sa contribution à l’effort de l’emploi notamment celui des jeunes. Pour Moncer Rouissi, le taux de croissance de 6% qu’enregistre la Tunisie ne peut en aucun cas anéantir ou absorber un taux de chômage à deux chiffres de 14 %. Pour lui « le chômage est le problème de tous, surtout qu’il touche aux diplômés de l’enseignement supérieur».
Entre offre et demandes : les problématiques sont multiples
Les problématiques sur lesquelles les organisateurs du séminaire ont essayé de s’étaler, tournaient autour des problèmes que pose l’emploi dans le secteur, ou encore quelle adéquation entre la formation et l’emploi et combien d’emploi peut encore créer le secteur et dans quelles branches ? Mais les discussions sont allées encore plus loin. Aujourd’hui le taux d’encadrement dans la majorité des hôtels est inférieur à 5%. Ajoutons à cela que les 2/3 des jeunes diplômés des principales écoles de tourismes choisissent d’exercer dans d’autres métiers, plus stables et non saisonniers. Les hôteliers, et dans leur majorité, choisissent d’embaucher des jeunes qui n’ont pas reçu de formation dans le domaine touristique et qui se trouvent dans des situations critiques devant des touristes de plus en plus exigeants. La question a été soulevée par Lotfi Khayat, Président de l’association Tunisienne de la Promotion touristique pour qui « le fait de ne pas garder le même personnel est un facteur de non satisfaction de la clientèle, ces travailleurs saisonniers n’ont pas l’expérience nécessaire pour bien faire leur travail, ces mêmes travailleurs seront par la suite libérés pour en embaucher de nouveaux la saison prochaine et ainsi de suite …»
La solution passe par la collaboration entre académiques et professionnels
Le secteur souffre donc de ses propres maux, car ce sont les hôteliers qui embauchent en pensant seulement au profit à court et à moyen terme. La planification et la pérennité de l’unité hôtelière, qui passe absolument par un personnel bien formés et expérimenté, n’est que du domaine de l’idéal pour la majorité. Les solutions ne manquent pas pour autant chez certains autres. Bien que le débat n’ait pas dépassé les bornes de ce qui lui a été indiqué, certaines interventions se sont distinguées par des idées, certes novatrices, mais qui peuvent sembler dispersées, comme la création de nouvelles écoles de formation dans toutes les villes de la république, le recrutement de formateurs étrangers ou de faire une enquête auprès des travailleurs dans l'objectif de définir leurs profils.
Essayant d’apporter les solutions aux problèmes que connait le secteur certains intervenants ont appelé à prendre en considération la nature du marché du travail et ses approches, ainsi que les relations entre les patrons et les travailleurs dans ce secteur. Mais la majorité de ces solutions ne serait jamais faisable dans le cas ou le gap entre la formation (les écoles) et les unités touristiques restent comme il est actuellement. Selon un intervenant «les écoles forment, et les hôtels déforment», la solution serait forcément de passer à un stade où Ecole et Hôtel mettent ensemble les bases de la formation, les hôtels sont demandés plus que jamais à contribuer à cet effort surtout matériellement.