Evoluant dans un environnement marqué par les mutations entraînées par la libéralisation de l'économie et son ouverture sur l'extérieur et les réformes engagées par les autorités au niveau du système monétaire, financier et bancaire, et afin de s'adapter à ce nouvel environnement, la BNA, (Banque Nationale Agricole) a restructuré son organisation, modernisé ses outils et ses méthodes de gestion, et mis en place une stratégie commerciale axée sur l'approche client/produit, l'amélioration de la qualité du service et l'innovation financière. La refonte de son système d'information engagée dès 1996 par le lancement du Schéma Directeur Stratégique, permettrait à la BNA outre la réalisation de ses objectifs commerciaux, de maîtriser ses risques globaux et d'améliorer sa compétitivité et sa rentabilité.
La BNA a par ailleurs, contribué au développement des opérations sur les marchés de capitaux, intervenant massivement sur ces marchés, dans le financement de l'économie. La restructuration de la BNT et sa fusion avec la Banque Nationale de Développement Agricole intervenue le 24 juin 1989, devait contribuer à redonner à la Banque sa dénomination initiale et unifier de nouveau les structures d'octroi du crédit agricole. Cette fusion dont la BNA est précurseur, à cette époque, semble avoir ouvert la voie à d’autres opérations de restructuration du système bancaire tunisien.
Des indicateurs financiers qui tendent vers l’amélioration
Dans son analyse financière de la Banque Nationale Agricole, Taher Almi précise que l’indicateur de la rentabilité nette (RN) a été volatile de 52.7%. Ce ratio qui est un l’indicateur qui mesure la part du profit net dans le PNB, mesure le résultat net qui permet de rémunérer les actionnaires et de renforcer les fonds propres. Il est à tendance décroissante avec une volatilité de plus en plus prononcée, il s’est situé à 9.28 en 2006, après qu’il eut accusé un creux de 2.3% en 2004. Pour ce qui est de l’indice du rendement des actifs (ROA) de la BNA, le rapport indique qu’il est volatile de 58.8%, ce ratio appelé du (Return On Assets) mesure la rentabilité des actifs de la banque. Il est à tendance décroissante avec une volatilité de plus en plus prononcée, et ce compte tenu des objectifs fixés pour une année donnée. Le troisième indicateur, est celui du rendement sur fonds propres (ROE), sa volatilité est de (48.6%). Ce ratio (Return On Equity) mesure la rentabilité des fonds propres de la banque. Il a suivi une tendance baissière plus ou moins soutenue, avec un creux très prononcé en 2004, pour se reprendre quelque peu en 2005 et 2006. Les ratios de structure démontrent que la part de la marge d’intérêt (PMI) a été volatile de (1.6%). Ce ratio mesure la contribution de la marge d’intérêt dans la marge brute globale (PNB). Le rapport le qualifie de très stable, mais à des niveaux très élevés (supérieurs à 60%). Le dernier indicateur, celui de la part de commissions nettes (PCN), est quant à lui volatile à (5.8%). Ce ratio mesure la contribution des commissions sur services dans la marge brute globale (PNB). Dans le cas de la BNA, il a suivi une tendance éclectique, pour enfin se situer aux alentours des 25%.
Le fonds de roulement ne couvre pas les besoins
En tant que rapport entre le fond de roulement et les besoins en fonds de roulement, le ratio de trésorerie de la BNA permet d’évaluer la situation de cette dernière. On constate bien que le fond de roulement ne couvre pas les besoins en fonds de roulement, mais que le ratio est en baisse. La couverture devrait devenir de plus en plus importante pour traduire une marge de sécurité contre les décaissements futurs. En conclusion, ces éléments montrent que les fondamentaux de la banque sont relativement peu satisfaisants, même s’ils se sont relativement améliorés depuis 2005, suite à la restructuration de la gestion et la réorientation de la politique marketing de la banque. La visibilité de la banque est moyenne.