Les céréales, sont la matière dont le prix a le plus augmenté, viennent ensuite le maïs, le blé, le riz, le sorgho et le millet, qui constituent l’alimentation de base de milliards de gens. Le cours du blé a augmenté de 130% sur les marchés mondiaux entre mars 2007 et mars 2008, celui du riz, de près de 90%, et celui du maïs de presque un tiers. Les prix d’autres produits alimentaires, notamment l’huile végétale et les produits laitiers, ont progressé à un rythme semblable.
Ces hausses ont le plus durement touché les pauvres des 82 pays désignés par l’ONU comme pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV). Dans ces pays où le coût des aliments absorbe la moitié ou plus du revenu familial, beaucoup n’ont pas d’autre choix que de consommer des aliments moins chers et moins nourrissants, ou même de sauter des repas. L’ONU rapporte que la facture des importations de céréales des PFRDV a augmenté de plus de 50% en 2007, une hausse de plus de 7 milliards de dollars, et on s’attend à ce que ce fardeau s’alourdisse encore en 2008.
Cent millions de personnes pourraient s’ajouter aux 850 millions qui sont déjà chroniquement sous-alimentées à travers le monde. Les problèmes de balance des paiements et la dette des pays les plus pauvres pourraient aussi s’aggraver. Les taux de croissance économiques de ces dernières années en Afrique pourraient être anéantis par ces hausses. Une grande partie d’entre elles a été attribuée à l’utilisation de maïs et d’autres cultures vivrières pour la production de biocarburants comme l’éthanol. Mais c’est la conjonction de nombreux autres phénomènes qui fait monter les prix, explique au journal « Afrique Renouveau », l’économiste agricole Joachim von Braun. Ces facteurs comprennent : produits pétroliers en hausse, amélioration du niveau de vie en Chine et en Inde, mauvaises conditions météorologiques dans les grands pays exportateurs de produits alimentaires, dont l’Australie et les Etats-Unis, augmentation de la spéculation sur les marchés de produits agricoles.