Pour la deuxième fois en Afrique, après l'Egypte, et depuis sa création, l'Union Géographique Internationale a choisi la Tunisie pour abriter son 31ème congrès international de géographie, tenu du 12 au 15 août 2008. Co-organisé avec l’Association des Géographes du Monde sur le thème « Construire ensemble notre territoire, ce congrès a rassemblé un millier de géographes de 70 pays.
Près de 200 réunions scientifiques ont été organisées lors de ce congrès. Au programme de ces réunions, 850 interventions ont été présentées avec une moyenne de 50 réunions et 280 interventions par jour.
A l'occasion du congrès, l'Union géographique internationale a aussi organisé, du 7 au 11 août 2008, les Olympiades internationales de géographie "Carthage 2008", avec la participation de jeunes âgés de 17 à 19 ans, venus de 42 pays.
Les problémes de la terre à l’étude !
Venus débattre des sérieux problèmes que connait la planète, les géographes congressistes ont participé aux travaux de sept conférences scientifiques spécialisées, qui ont examiné divers thèmes: "Cultures et civilisations pour le développement humain", "Renaissance de la Méditerranée", "Changements climatiques en Afrique : caractéristiques, vulnérabilité et adaptation", "Standardisation des noms géographiques en Afrique", "Année internationale des Nations Unies, Planète Terre", et "L'évolution de la pensée géographique".
Outre les conférences et les interventions, sept workshops de formation ont eu lieu durant ce congrès, dont l’un s’est tenu dans le sud tunisien, à l'initiative de l'Institut des zones arides de Médenine.
Le président de l'union internationale des géographes, Adalberto Vallega a indiqué à cette occasion, que la Tunisie qui occupe actuellement le poste de vice président de l'UIG, a fortement contribuée à l'évolution des sciences géographiques, rendant hommage au grand savant Ibn Khaldoun considéré comme une référence en la matière. Il a souligné que le congrès s'emploie à partager les créations et les expertises scientifiques afin de parvenir à ériger une science géographique moderne qui rassemble tous les pays du monde.
Congrès des géographes et tourisme culturel :
Ce congrès a contribué effectivement à booster le tourisme tunisien gr^ce au nombre de ses participants. Recevoir plus d’un milliers de géographes et de jeunes talents du monde entier,ne peut qu’être un réel appui au tourisme culturel que la Tunisie tend à développer. Les participants au congrès ont sillonné toutes les régions du pays, de Bizerte à Matmata et du Kef au Port El Kantaoui à Sousse.
Nous nous amusons en Tunisie, nous a dit le professeur anglais Stephen A Royle pour qui « l’objectif de l’organisation d’un tel congrès est de connaître des phénomènes géographiques. La participation à ce congrès nous a été très bénéfique, ça nous a permis premièrement de découvrir la Tunisie, un pays à dont nous avions beaucoup entendu parler, et puis de rencontrer nos homologues géographes à travers le monde » a-t-il dit. Présentant une intervention sur « les quatre âges d’une île », S. A. Royle nous a précisé que le congrès lui a permis d’exposer ses idées sur les changements géographiques à travers le temps ainsi que les résultats des changements climatiques dans les îles qu’il a étudiées un peu partout dans le monde.
A noter qu’en marge de ce congrès une exposition scientifique a été également organisée avec la participation de plusieurs institutions concernées telles que les maisons d'édition spécialisées et les organismes de cartographie.
L'Union géographique internationale créée en 1922 est membre du Conseil international des sciences sociales qui relève de l'UNESCO. Cette organisation œuvre à consacrer la dimension scientifique et humanitaire de la géographie et à renforcer la présence des pays en développement, au sein de ses structures. Pour sa part, l'Association des géographes tunisiens a été créée en 1977. Elle est membre de l'Union géographique internationale, depuis 1999. Cette association est liée par des accords de coopération avec des associations similaires en Egypte, au Maroc et en France.