Les Femmes Chefs d’Entreprises, à 42% optimistes, mais se plaignent des services publics !
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Vendredi 21 Novembre 2008

12-08-2008 : Les Femmes Chefs d’Entreprises, à 42% optimistes, mais se plaignent des services publics !
par : H.Tlili

Les femmes chefs d'entreprise sont reconnues comme étant une force importante sur le plan économique, aussi bien à l'échelle nationale qu’à l’échelle internationale. Cela revêt plus d’importance pour un pays comme la Tunisie, où la contribution et la participation des femmes se font ressentir, non seulement sur le plan économique, mais également sur les plans culturel, social et éducatif.  Afin d’analyser la situation des femmes Chefs d’entreprises tunisiennes et de prospecter les perspectives d’avenir de leurs activités,  une étude,  a été récemment publiée. Elle s’inscrit dans le cadre d’un projet régional coordonné par le Centre de Recherche et de Formation pour la Femme Arabe, (CAWTAR) en partenariat avec la Société Financière Internationale (SFI). Ce projet a couvert cinq pays de la zone Afrique du Nord et Moyen Orient (MENA), à savoir le Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, la Jordanie, le Liban, et la Tunisie. L’objectif de cette étude est de fournir aux différents acteurs des secteurs public et privé, ainsi qu’aux chercheurs, des données indispensables à une meilleure compréhension des femmes chefs d’entreprise, leurs caractéristiques, leurs contributions effectives, ainsi que les défis auxquels elles font face.

Dans sa partie tunisienne, cette étude s’est penchée sur les particularités des femmes chefs d'entreprise ayant une activité enregistrée en Tunisie, pour de dresser le profil des femmes chefs d'entreprise en Tunisie, en se basant sur une comparaison des profils de femmes entrepreneurs des quatre autres pays appartenant à la région MENA qui ont participé à cette étude régionale, identifier les problèmes et obstacles rencontrés par les femmes chefs d'entreprise et qui entravent la bonne marche de leurs activités, et finalement pour identifier les structures et les moyens susceptibles d'aider les femmes chefs d'entreprise à mieux gérer leurs entreprises, et à les suivre dans le développement de leurs activités. L’échantillon pour  cette étude était composé de 197 femmes chefs d'entreprise dans différentes villes  de la Tunisie.

Les questions posées sur les femmes chefs d’entreprises  ont porté sur des informations générales sur l'entreprise, les défis les plus important que rencontrent actuellement les femmes chefs d'entreprise dans leurs activités, la participation de l’entreprise dans le commerce international, l'usage de la technologie au sein de l'entreprise, les sources de financement des entreprises gérées par les femmes, l'accès à l'éducation et à l'information, les rôles social et professionnel des femmes chefs d’entreprises et les caractéristiques professionnelles et personnelles des femmes chefs d'entreprise.

46.2% des femmes tunisiennes sont optimistes quant aux perspectives d’avenir !

46.2% des femmes chefs d’entreprise sont optimistes quant à la stabilité de la croissance économique nationale pour les deux prochaines années, alors que près d’un quart des personnes interrogées, qui sont restées neutres. Ce niveau d’optimisme peut s’expliquer par le taux de croissance économique tunisien, qui avoisinait les 5% chaque année au courant de la dernière décennie, ainsi que par l’encouragement conféré par le gouvernement tunisien pour l’expansion du secteur privé et par le soutien procuré aux entrepreneurs pour la création d’entreprises. Environ un tiers des enquêtées se disent plutôt pessimistes, voire même très pessimistes (respectivement 22.84% et 4.57%). Cela pourrait partiellement s’expliquer par les craintes engendrées par l’accroissement de la concurrence nationale et internationale. Par ailleurs, lorsque les répondantes ont exprimé leurs perspectives en termes de croissance et de développement de leur entreprise, 60.4% d’entre elles se disent optimistes, tandis que le quart d’entre elles sont neutres ; seulement 13% sont pessimistes. Cet optimisme relatif à leurs activités s’explique en partie par le fait que les répondantes se sentent davantage capables d’avoir une influence sur la performance de leurs propres entreprises que sur l’économie globale. Cette réponse positive est confortée par le taux de 38% représentant la part de répondantes qui projettent de recruter de nouveaux employés au cours des 12 prochains mois. 

Trouver et garder de bons employés, facteur de succès de l’entreprise !

Les participantes à cette étude ont été invitées à choisir parmi les éléments qui leur semblaient les plus importants en termes d’impact sur leurs activités respectives. Ces éléments, relatifs à leurs activités exercées actuellement, ont été regroupés en quatre catégories distinctes: la gestion de l’entreprise, le climat des affaires, les pratiques et les réglementations dans le monde des affaires, et l’évolution personnelle. «Trouver et garder de bons employés» est considéré comme l’un des facteurs ayant le plus grand impact sur le succès en matière de gestion de l’entreprise, pour les femmes chefs d’entreprises. Par ailleurs, plus de 70% des répondantes accordent la première importance à la performance des employés, à leur efficacité et à,leur productivité. L’accès à un nouveau marché à travers l’exportation ou l’entrée dans de nouveaux segments du marché est considéré comme prioritaire. Environ 60% des femmes participant à cette étude ont indiqué qu’il est important d’accéder à de nouveaux marchés, à travers le commerce international ou l’exploitation de nouvelles niches. 49% ont exprimé leur intention de pénétrer un nouveau marché durant les 12 prochains mois, et 28% d’entre elles envisagent gérer leur activité à plein temps tout en s’ouvrant sur de nouveaux marchés. Mais 26% des répondantes envisagent de maintenir leur activité à temps plein tout en gardant leur taille et leur niveaux d’activité actuels.

Les services publics et la concurrence chinoise, facteurs nuisibles aux femmes d’affaires !

Les participantes à cette étude ont manifesté une grande sensibilité aux paramètres qui régissent le climat des affaires. En effet, le plus grand intérêt a été porté au coût élevé des services publics (électricité, eau, téléphone etc.) ; Il convient de noter que ces services de base font partie du secteur public (à l’exception de la téléphonie mobile). Ensuite, la préoccupation des répondantes est très élevée au niveau de la compétitivité de leurs produits. La Tunisie a signé en 1995 un accord de libre échange avec l’Union Européenne, imposant un démantèlement par secteur d’activité commerciale ainsi que des barrières tarifaires pour les produits en direction et en provenance de l’Union Européenne. L’industrie tunisienne a donc fait l’objet d’une modernisation et d’un plan d’ajustement structurel efficace, transformant ainsi l’ensemble du tissu du secteur économique dans le sens de la compétitivité. Malgré ces efforts entrepris à l’échelle macro économique, les répondantes ont exprimé leurs craintes d’un impact négatif qu’aurait la présence des produits fabriqués en Chine sur le marché local, de même qu’un impact de la concurrence chinoise sur la part tunisienne des marchés de l’exportation, comme par exemple pour les textiles et l’habillement. 25% des répondantes opèrent sur le secteur des biens non-durables, dont l’habillement et le textile. Concernant les aspects relatifs aux lois et réglementations régissant le monde des affaires, un grand nombre de répondantes estime que les lois et les règlements qui entravent la croissance de l’entreprise , sont relativement importants.                                                                                                                              

Les pots-de-vin et la corruption à l’échelle de l’entreprise et à l’échelle administrative, suivis de l’accès à la propriété et au financier , ont été évalués comme n'étant «pas très important» et «pas du tout important» (50%). Il est également intéressant de noter que 45% des répondantes accordent une très grande importance à l’accès à la formation et à l’assistance technique afin d’acquérir les compétences de gestion d’entreprise. Elles accordent un niveau d’importance encore plus élevé (47%) à la nécessité d’acquérir des compétences en gestion financière, afin de garantir la rentabilité et la pérennité de l’entreprise.



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