Comme ses propres dirigeants et ses partenaires le reconnaissent de plus en plus, l’Afrique paie, de par sa fragmentation géographique, politique et économique et son manque d’intégration aux marchés internationaux, un tribut de plus en plus lourd et qui devient, à bien des égards, intenable. Dans le même temps où certains de ses pays jouissent de la manne que leur procure le niveau sans précédent des prix pétroliers, bien d’autres sont aux prises avec les pénuries d’électricité et les délestages tournants. Pour la plupart, les pays africains souffrent d’échelles de production insuffisantes et d’un manque de compétitivité internationale en raison du niveau élevé de leurs coûts et du faible degré de fiabilité de leurs systèmes de transport, d’électricité et de télécommunications, conjugués à l’existence d’obstacles souvent insurmontables au mouvement des biens, capitaux et personnes au sein même du continent. La Banque mondiale n’est pas le premier bailleur de fonds à s’impliquer activement dans le processus d’intégration régionale du continent africain, mais elle a sensiblement accru ses efforts dans ce domaine au cours des cinq dernières années : avec le lancement du Programme pilote régional de l’Association internationale de développement (IDA) en 2003, puis en mettant en place le Département de l’intégration régionale au sein de sa Vice-présidence Afrique en 2004. Ce département gère aujourd’hui un portefeuille de prêt de 2,2 milliards de dollars (ce qui en fait le deuxième par ordre de grandeur dans la structure de cette vice-présidence), ainsi qu’un vaste programme d’activités de développement des capacités et des connaissances. Les moyens pouvant être mis à la disposition de la région ont augmenté de 100 % avec la récente reconstitution des ressources de l’IDA, et jusqu’à 2,1 milliards de dollars d’investissements supplémentaires peuvent y être ainsi réalisés dans les trois années qui viennent (ce qui représente 12 à 15 % de l’ensemble de l’aide fournie par l’IDA à l’Afrique).
Pour Jacob Kolster, responsable senior des opérations pour le département, il s’agit de démultiplier la capacité d’intervention de l’IDA au plan régional en jouant la carte de la coopération et des partenariats. « Une fois que assurez une prise en charge au niveau du pays, les projets régionaux peuvent alors être abordés comme des opérations conjointes entre pays », explique-t-il. « La communauté d’intérêt en place renforce la coopération en vue d’un objectif commun, tel que l’échange d’électricité à travers les frontières. »