Le Gouvernement tunisien fait du dialogue avec les jeunes un credo, et multiplie les contacts et les tables rondes avec toutes les catégories de jeunes du monde scolaire, estudiantin et même professionnel.
C’est au Président de la commission nationale du dialogue avec les jeunes, Sadok Chaabane, accompagné du ministre de l’environnement, Nadhir Hamada, qu’a échu la mission d’aller au devant des jeunes chefs d’entreprises, relevant de la centrale patronale tunisienne , l’UTICA. pour recueillir leurs avis, conceptions, espérances et doléances, à propos de tout ce qui touche à la vie et au devenir de la nation tunisienne, en un mot, leur conception de la "Tunisie de demain".
Un débat socio-environnemental qui tourne à l’Economique !!
Déformation professionnelle, obsession de réussite, ou même appréhension de lendemains, ont fait basculer cette table ronde pour la focaliser sur des considérations d’ordre économique, reléguant au second plan les questions environnementales et sociétales qu’on attendait voir discuter. Venant de dirigeants d’entreprises, au demeurant économiques, quel que soit leur domaine d’activité, cette « déviation » est tout à fait normale, voire salutaire en un sens, puisqu’elle reflète le souci de réussite qui habite ces jeunes promoteurs. L’environnement tout court par exemple, ne semble pas être leur « tasse thé ». C’est plutôt l’environnement des affaires qui les préoccupe, et ils ne manquent pas de le dire en enthousiasme et conviction.
Les aspirations des JD étaient multiples et variées, allant de la convertibilité du dinar, à l’amélioration du rendement de l’administration et de la formation des jeunes postulants à l’emploi, et à la valorisation des diplômes tunisiens.
La convertibilité du Dinar vient en tête des propositions .Un J.D. s’est exclamé : «lorsque je voyage, je veux emporter avec moi la monnaie de mon pays». Pour la plupart des J.D., la convertibilité du dinar est devenue une nécessité et un indice de la bonne santé de l’économie tunisienne. Un jeune entrepreneur, apparemment hanté par la concurrence des grands promoteurs étrangers dans le pays, voit dans cette convertibilité une issue permettant de tenter sa chance sous d’autres cieux. Le même intervenant, fait montre pourtant d’une fibre patriotique marquée puisqu’il a appelé à plus de transparence, pour inciter les jeunes à s’attacher toujours davantage à leur pays.
L’administration et la bureaucratie ont occupé une grande partie des interventions des JD. Presque unanimes, les jeunes dirigeants ont dénoncé l’irresponsabilité de certains agents au bas de la hiérarchie administrative qui sont à l’origine du fossé qui pourrait séparer les J.D. de l’appareil administratif. Une jeune femme d’affaires renchérit: « lorsque nous avons des entretiens avec des directeurs généraux ou des cadres supérieurs, nous ne trouvons que de la compréhension, alors que dés que nous entrons en contact avec des responsables de moindre niveau, ça devient beaucoup plus compliqué ».
Emulation ou mimétisme ?
Avec des interventions ayant à chaque fois un préambule du genre : « j’ai passé 10 ans au Canada » ou encore « j’ai vécu 15 en France », les jeunes dirigeants semblent déconnectés de leur environnement socioculturel, pour être totalement absorbés par l’aspect l’économique « pur et dur » des choses . Formés, dans leur majorité, à l’étranger, les jeunes dirigeants rêvent d’une Tunisie qui ressemble plutôt à l’Europe. Cette ressemblance, les intervenants ne la cherchent pas au niveau du pouvoir d’achat, ni des performances économiques, mais plutôt au niveau des mentalités. Plusieurs interventions ont convergé vers une telle approche. Comme nageant à contre courant, un autre intervenant a appelé à la préservation des valeurs traditionnelles, au respect du temps et des engagements, et à la revalorisation de la valeur Travail.