Tunisie : Que va-t-il se passer chez TT ?
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Mardi 07 Octobre 2008

24-06-2008 : Tunisie : Que va-t-il se passer chez TT ?
par : K. Boumiza.

C’est hier que s’est confirmé le passage du relais, à la tête de Tunisie Télécom, entre Ahmed Mahjoub et Montassar Ouali. Dans un bref communiqué, TT annonce que «le Conseil d'Administration de la Société nationale des télécommunications (Tunisie Telecom) qui s’est réuni hier mardi 24 juin 2008, a nommé Montasser Ouali, administrateur représentant de l'Etat au Conseil d'administration de Tunisie Télécom, au poste de président-directeur général de la société, et ce en remplacement de Ahmed Mahjoub». L’opérateur historique change ainsi pour la cinquième fois de Pdg, mais n’en aura connu que 4 différents au cours des 10 dernières années de sa transformation d’office en société, puisque Mahjoub y a été deux fois à la tête de l’entreprise.

L’entreprise à 35 % de Dig Télécom, devrait inéluctablement traverser une période, plus ou moins longue, de flottement, du fait de ce changement au poste de commandement. Le nouveau Pdg prendra certainement le temps de «prendre ses quartiers» et s’y installer.

Ce changement, introduit après quelques jours du changement du DGA et de la direction commerciale avec l’entrée, respectivement de Sami Ayoub et de Nizar Yaïch, pourrait aussi induire d’autres changement dans le staff du nouveau Pdg et on apprend qu’il aurait déjà, pour cela, introduit une liste de cinq personnes à changer. Des changements, presque compréhensibles, tant ils sont d’usage à chaque changement à la tête de la pyramide de direction. Des changements devraient être alors perceptibles dans la manière de gérer ce mastodonte, technique, financier et humain.

La période TT de Ahmed Mahjoub aura été marquée par le passage, par ailleurs réussi, d’une entreprise publique à une entreprise privée et surtout par l’introduction d’une nouvelle dynamique commerciale dans des rouages qui étaient plutôt et longtemps habitués à l’état d’inertie qu’imposait presque le fait d’être l’unique opérateur fixe et GSM. Elle aura aussi été marquée par la nouvelle dynamique marketing introduite chez l’ancien opérateur public, allant jusqu’à en faire le premier annonceur du pays, sans cesse «inventif» de nouveaux produits, l’introduction du mode packaging et autres trouvailles.

Montasser Ouali, n’est pas par ailleurs un inconnu dans le domaine. Phd en télécommunications de la UCLA de Los Angeles, il a été ministre des technologies de la communication de 2004 à septembre 2007 où il était la tutelle directe de TT après un passage au secrétariat d’Etat au TIC et Internet jusqu’à 2004 pour ne citer que cela. C’est aussi finalement lui qui avait négocié la vente des 35 % de l’entreprise aux Emirati de TeCom. Ses relations privilégiés avec les dirigeants du partenaire stratégique de l’entreprise dont il aura désormais la charge, en feront certainement le meilleur successeur à Mahjoub. Reste alors à savoir, si la période Ouaili, sera celle de la continuité ou celle du changement à la tête de TT. La réponse à une telle question, dépend beaucoup des raisons du départ de Mahjoub.

Les 16 %, le backbone et l’ATI.

En dehors de ces petits changements, par ailleurs d’usage, ce changement de Pdg devrait faire de Montasser Ouali l’homme d’une prochaine étape, encore plus importante pour cette entreprise pilier, entre autres sociétés, de l’économie tunisienne. Une étape de finition de sa privatisation et de son passage des mains de l’Etat tunisien à celles d’investisseurs étrangers. Il semble maintenant acquis, que l’Etat tunisien a accepté la cession des autres 16 % promis du capital de TT à TeCom. Et même s’il restait encore d’importants détails à négocier, cela semble fermement décidé. Ces détails concerneraient essentiellement, le prix de cette cession, mais aussi et surtout les postes clé à donner à l’Etat tunisien entre les mains duquel restera  plus que la minorité de blocage. Lorsqu’il était (partant du principe que les 16 % sont désormais acquis pour TeCom) dans cette situation, l’investisseur Emirati avait exigé et obtenu certains postes clé chez TT. On notera ainsi qu’il a le poste de DGA, qu’il tient les départements financier et commercial. Que demandera alors l’Etat tunisien et que lui accordera son partenaire stratégique, pour qu’il puisse, logiquement, garder une position de force dans cette entreprise stratégique pour le développement économique et technologique de la Tunisie ?

Si l’on croit certaines sources chez TT qui indiquent que la vente des 16 % pourrait intervenir en juillet prochain, il nous semble IMPORTANT de rappeler au nouveau Pdg certaines priorités de son mandat. Des priorités à trancher avant cette date fatidique de la fin juillet 2008.

TT n’est pas qu’une simple entreprise. TT est un groupe qui comprend au moins, d’importantes prises de participations chez la Sotetel et chez l’Agence Tunisienne de l’Internet (ATI). Et si les 35 % de ses participations chez l’installateur téléphonique gagneraient à être renforcées par une plus grande présence de l’investisseur Emirati, les 35 % de TT dans le capital de l’ATI sont eux, stratégiques pour l’Etat. Les laisser donc, à la faveur de la prise complète de contrôle de TeCom sur TT, tomber entre les mains de l’investisseur étranger (fut-t-il un pays frère), ne nous semble pas être la meilleure solution pour le développement de l’Internet en Tunisie. On n’en dira pas plus, car les responsables du ministère de tutelle et de TT, connaissent très bien la question.

On dira cependant plus, en ce qui concerne le backbone national, actuellement entre les mains de TT, et celle-ci ne sera plus bientôt sous le contrôle de l’Etat tunisien. TeCom est un investisseur qui obéit à la loi de l’offre et de la demande et est motivé par le profit. Nul ne peut dire, à moins qu’il existe une clause de ce genre dans le contrat de cession des 35 % qu’on n’aurait pas dévoilée, s’il ne sera pas tenté de vendre ses participations ou d’introduire un autre partenaire étranger. Lui laisser ce «nerf de la guerre» technologique que se réservent tous les états et toutes les entreprises, ne serait pas une bonne chose pour la Tunisie, pour l’Etat tunisien et pour les entreprises tunisiennes. Sortir le backbone et désengager TT de l’ATI,  nous semble devoir être une des priorités du nouveau Pdg.



Réaction(s) à l'article de la part de :

Bouanane Mohamed  
Slim Amamou  
cherif sami  

 

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