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Mardi 07 Octobre 2008
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| 19-06-2008 : L'éloignement des marchés désorganise le commerce |
| par : PANA
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Dans le cadre de la hausse des prix qui frappe de plein fouet de nombreux pays en Afrique, des experts sont réunis à Addis-Abeba pour quatre jours afin d'évaluer l'efficacité des stratégies adoptées il y a cinq ans pour surmonter les difficultés supplémentaires qu'entraîne cette situation pour les pays enclavés.
Environ 80 directeurs d'organisations africaines intervenant dans les secteurs du transport, de la planification, de l'aménagement des infrastructures et de la douane se penchent sur les retards et les incertitudes rencontrés sur les routes commerciales, le mauvais état des réseaux de transport et l'éloignement des marchés mondiaux et les coûts élevés du transit qui en découlent.
"Les pays africains enclavés font partie des plus pauvres des pays en développement, avec les taux de croissance les plus faibles et sont généralement fortement dépendants d'un nombre très limité de matières premières pour leurs recettes d'exportation", indique une étude de la Commission.
Le Programme d'Action Almaty, adopté en 2003, fixe des mesures orientées sur des actions spécifiques à prendre tant par les pays en développement enclavés que de transit avec le soutien de leurs partenaires au développement dans cinq domaines prioritaires.
Il s'agit de l'amélioration des politiques pour réduire la bureaucratie et les frais de douane afin de réduire les coûts et les retards des voyages pour les exportations des pays enclavés; le renforcement des infrastuctures ferroviaires, routières aériennes et l'augmentation des réseaux d'oléoducs dans les pays enclavés et l'optimisation des mesures commerciales internationales pour accorder un traitement préférentiel aux produits des pays enclavés.
Les autres mesures portent sur le renforcement de l'assistance technique et financière internationale pour l'amélioration des infrastructures et des politiques dans les pays ciblés; et la mise en place de mécanismes de surveillance et de suivi appropriés pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du programme.
Une étude de la CEA a identifié l'éloignement des principaux marchés mondiaux comme un des principaux obstacles à la mise en oeuvre de ce programme en Afrique.
Les participants à la réunion discutent de la manière dont les négociations sur la facilitation du commerce dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) doivent être menées, ainsi que de la manière dont l'Initiative de l'Aide au Commerce peut être exploitée pour répondre aux besoins particuliers des pays enclavés et de transit en termes d'un meilleur accès aux échanges internationaux.
Bien que le Programme Almaty ne dispose pas de mécanismes de financement spécifiques, plusieurs initiatives comme le Programme pour une politique de transport en Afrique sub-saharienne (SSATP) ont donné des résultats considérables, comme l'établissement de fonds routiers dans au moins 27 pays et d'agences routières dans 18 pays.
La création d'autorités routières, explique la CEA, a renforcé l'efficacité des dépenses dans le secteur routier et ceci se reflète dans l'amélioration de plusieurs réseaux routiers.
Par ailleurs, une autre étude de la Banque mondiale indique que des pays enclavés, comme la République centrafricaine et le Burundi, paient plus et doivent attendre plus longtemps pour recevoir des produits importés comme le pétrole et les vivres, entre autre.
Ces pays ont également du mal à exporter leurs produits, ce qui fait qu'ils font moins de commerce et se développent moins rapidement que leurs voisins côtiers.
Le fait qu'ils soient enclavés est la raison principale pour laquelle 16 des 311 pays en développement enclavés font partie des plus pauvres du monde, ont révélé trois économistes de la Banque travaillant sur les questions de logistique commerciale.
Gael Raballand et Jean-François Marteau de la Division Transport Afrique et Jean-François Arvis de la Division Commerce du Réseau pour la réduction de la pauvreté et la gestion économique (PREM), tentent de trouver les moyens de résoudre certains des problèmes commerciaux qui contribuent à maintenir les pays enclavés les moins développés dans une situation de faible croissance.
Leur étude de 2007, "Le coût de l'enclavement: Coûts logistiques et fiabilité de la chaîne d'approvisionnement", indique que l'état des routes n'est pas la principale raison de l'inefficacité et de la cherté du transport. La seule amélioration des infrastructures ne résoudra pas ce problème.
"On n'a cessé de dire pendant des années que de meilleures infrastructures résoudraient le problème du coût de l'enclavement", a déclaré M. Raballand. Mais nous savons qu'il nous faut travailler encore plus dans les pays côtiers car le problème le plus important est celui des ports et des moyens d'en enlever les marchandises".
Les autres problèmes sont les retards aux frontières, les cartels du secteur du transport routier, les processus d'autorisation multiples et la corruption, des facteurs qui maintiennent les coûts du transport artificiellement élevés.
La réunion d'Addis-Abeba précède la réunion d'évaluation internationale qui se tiendra en octobre 2008 à New York comme le résultat de l'évaluation à moyen terme.
Dans le cadre du processus préparatoire de l'évaluation à moyen terme du Programme Almaty, deux réunions thématiques ont été organisées à Ouagadougou, au Burkina Faso et Ulaanbaatar, en Mongolie, en 2007 sur le développement des infrastructures de transport en transit et la facilitation des échanges internationaux, respectivement.
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