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Dimanche 07 Septembre 2008
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| 12-06-2008 : Chambas insiste sur la nécessité d'un marché ouest-africain |
| par : PANA
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La création du marché commun ouest-africain est indispensable à l'intégration effective des Etats membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) dans le marché mondial, a déclaré le Dr Mohammed Ibn Chambas, président de la Commission de la CEDEAO.
Dans son intervention à l'occasion du dîner-conférence marquant l'anniversaire de la CEDEAO, le Dr Chambas a affirmé: “Ici, nous sommes interpellés par un certain nombre de préoccupations”, tout en notant que: “s'il ne nous reste qu'à faire une comparaison avec le commerce transsaharien d'il y a plus d'un siècle, il faut alors reconnaître que la situation est désespérée.
“Nous occupons à tous égards une place marginale sur le marché mondial. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, un marché commun reposant sur des capacités productives coordonnées au niveau régional est la solution pour renforcer et améliorer nos possibilités de devenir un acteur du marché mondial”, a-t-il indiqué.”
Selon le président de la Commission de la CEDEAO, “il ne faut ménager aucun effort pour corriger les performances actuelles, qui sont inacceptables et caractérisées par une faible production, des obstacles à la libre circulation des personnes et des biens, l'exposition au dumping et à la contrebande transfrontalière ainsi que des initiatives unilatérales qui tendent à violer les protocoles de la CEDEAO”.
Le Dr Chambas a également estimé que les Etats membres doivent accélérer les préparations visant la mise en place de l'union douanière, tout en soulignant que “les Accords de partenariat économique n'auront de sens que si nous créons nos propres unions douanières et notre propre marché commun dans la région”.
Il a, par ailleurs, fait observer que les Etats membres de la Commission doivent travailler avec plus d'ardeur au démantèlement des obstacles à la libre circulation des personnes et des biens, tout en approfondissant leur coopération dans le but, au moins, de réduire au minimum la contrebande et le dumping.
“L'interdiction unilatérale des produits originaires des Etats frères de la sous-région de l'Afrique de l'Ouest est inacceptable, tout autant que les mesures discriminatoires à l'endroit des droits de séjour des citoyens de l'Afrique de l'Ouest, mesures qui sont en contradiction avec les protocoles pertinents de la CEDEAO et ne devraient pas être encouragées”, a encore martelé le président de la Commission.
Il a aussi plaidé pour la condamnation du protectionnisme, tout comme il conviendrait de renoncer à la contrebande, au dumping et à la création de barrières artificielles aux activités commerciales des citoyens des Etats membres tiers.
“En fait, les progrès réalisés par l'UEMOA sur ce front devraient servir de modèle et de catalyseur pour guider l'action de la CEDEAO”, a mentionné le Dr Chambas, en ajoutant que “l'autre tendance émergeante qu'il convient de surveiller est celle de la résurgence des groupements sous-régionaux, comme l'Union du Fleuve Mano et la Zone d'alliance de la Co-prospérité (COPAZ)".
La CEDEAO, a-t-il encore expliqué, se réjouit de l'existence de ces groupements s'ils ont pour finalité de promouvoir l'intégration dans la région prise dans son ensemble et s'ils sont tournés vers la mise en oeuvre effective des programmes et projets régionaux.
"Cependant, si cela signifie des bureaucraties et programmes concurrents, la duplication des efforts, des énergies et des politiques déjà mis en oeuvre par la CEDEAO, l'on ne peut que conseiller la prudence en expliquant qu'une telle démarche pourrait se révéler improductive", a averti le président de la Commission de la CEDEAO.
Expliquant que la hausse mondiale du cours des produits alimentaires a, pour la région, valeur de piqûre de rappel qui devrait l'inciter à exploiter son importante production agricole pour obtenir l'autosuffisance alimentaire, il a indiqué qu'il convient d'investir de manière sérieuse dans la production agricole et les industries agricoles.
"La Politique agricole commune de la CEDEAO (ECOWAP) et les recommandations issues de la session extraordinaire des ministres des Finances, de l'Agriculture et du Commerce, réunis à Abuja, du 19 mai 2008, donne de plus amples détails sur la voie à suivre", a expliqué M. Chambas.
Sur la question du développement des infrastructures, de la production d'énergie et de l'accès à cette dernière, le président de la Commission de la CEDEAO a fait observer que les obstacles à l'intégration ne pourront être correctement pris en charge que si les problèmes d'infrastructure sont réglés en premier, ou du moins en même temps.
"Pour que la production, les affaires et les échanges se développent, pour que les individus circulent librement de la source de production aux centres de distribution et marchés, pour que notre marché régional soit intégré dans le marché mondial, il nous faut des infrastructures telles que des routes, des chemins de fer, des moyens de transport maritime, des compagnies aériennes, des télécommunications, de l'énergie", a-t-il souligné.
Il a annoncé que ces questions sont présentement traitées sur tous les fronts.
Il a ensuite déclaré que l'attention requise est prêtée, en toute connaissance de cause, au secteur de l'énergie, considéré comme très stratégique pour le développement du reste des sous- secteurs infrastructurels et d'autres secteurs-clé, comme l'éducation, la santé, etc.
"Nous intervenons sur le front de l'énergie à trois niveaux: la promotion des capacités de production par l'élaboration d'un plan directeur régional pour la production et la transmission, la rédaction d'un livre blanc CEDEAO/UEMOA consacré à la politique régionale d'accès à l'énergie et qui pourrait servir de modèle aux autres Communautés économiques régionales (CER) et au continent dans son ensemble, ainsi que la création d'un marché régional de l'énergie doté des mécanismes institutionnels de facilitation et réglementaires nécessaires".
Le Dr Chambas a révélé que: "en Afrique de l'Ouest, nous envisageons de lier l'accès à l'énergie à la réalisation des OMD avec la contribution des Etats membres, l'appui continu et le discours mobilisateur des partenaires ainsi que des mesures susceptibles d'attirer les investisseurs stratégiques.
"Nous entendons faciliter, dans les 20 prochaines années, l'accès à l'énergie dans les zones rurales, périurbaines et urbaines, pour en faire passer le taux des 10 pour cent actuels à 50 pour cent”.
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