Les efforts du gouvernement tunisien pour doter le pays avec une infrastructure du transport efficace ont été salués hier mercredi 11 juin 2008, à Tunis par le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) qui a approuvé un prêt d’un montant de 307 MDT pour financer le cinquième projet routier de la Banque en Tunisie. Le « Projet Routier V» vise à améliorer le niveau de service du réseau routier classé de manière à intensifier les échanges intra et interrégionaux et assurer une meilleure accessibilité des principaux pôles de développement du pays. Le projet portera sur la réalisation de travaux dont, les travaux de voiries déviation des villes de Béja, Jendouba, Sidi Bouzid, M’Saken-Est à Sousse et El Hamma à Gabès et modernisation par la mise en 2x2 voies des tronçons GP6D à Béja, de la GP2 entre Enfida et Kairouan et de GP3 –Fahs à Zaghouan, les travaux de réhabilitation d’un linéaire de routes revêtues totalisant 374,1 km, les travaux de renforcement d’un linéaire de routes revêtues totalisant 640,4 km et les travaux de construction de 14 ouvrages d’art répartis sur le réseau routier classé.
La zone d’influence du projet couvre 19 des 24 gouvernorats du pays dont 11 gouvernorats situés dans la région nord (Bizerte, Tunis, Ariana, Ben Arous, Nabeul, Manouba, Zaghouan, Béja, Jendouba, le Kef, Siliana), 5 gouvernorats dans la région du centre (Sousse, Monastir, Mahdia, Kairouan, Sidi Bouzid) et 3 dans la région du sud (Sfax, Gabès, Médenine).
Le projet a des retombées positives sur toute la population nationale, et plus particulièrement sur les populations du Nord-Ouest, du Centre et du Sud-ouest. Le sous-équipement relatif en infrastructures de base, surtout routières, dans les gouvernorats de Sidi Bouzid, Siliana et Kasserine et de certaines régions du sud est à l’origine d’un développement socio-économique moins rapide que celui enregistré dans les zones côtières. Ces zones du pays dont les principales activités concernent l’agriculture et l’agropastoral, et à un degré moindre, l’industrie et les services, enregistrent les taux de chômage les plus élevés du pays (environ 20% contre 16% au niveau national). Il s’agit en fait du chômage des femmes et des jeunes diplômés qui prend de plus en plus d’ampleur, ce qui les incite à quitter leurs zones d’origine pour s’installer dans les villes côtières à la recherche d’une situation meilleure. Les aménagements envisagés dans ces régions permettront d’améliorer le taux d’équipement en infrastructures et contribueront au désenclavement des localités reculées, à l’amélioration des conditions de vie par les effets d’entraînement escomptés des activités (agropastorales, industrielles, touristiques et artisanales, etc.).
Le coût estimatif du projet est de 474,82 MDT. Le prêt de la Banque financera 66% des couts tandis que le gouvernement tunisien financera le projet à hauteur de 34%.