Les PDG des banques ont été unanimes pour souligner que les défis auxquels fait face, aujourd'hui la Tunisie exigent, entre autres, une nouvelle approche du métier bancaire lequel se doit de transcender le simple stade de mobilisation de l'épargne et du financement de l'économie, pour celui du suivi, assistance et conseil en matière de création d'entreprises.
Ils ont souligné, au cours de la deuxième journée de la conférence périodique des PDG des banques (6-7 juin 2008) que les réformes engagées dans le secteur bancaire et les préparatifs pour le passage aux règles de Bale II (dispositif prudentiel pour mieux gérer les risques), impliquent des banques un surcroît d'efforts aux fins de diversifier leurs produits, d'améliorer la qualité de leurs services et d'identifier de nouveaux mécanismes de financement.
Taoufik Baccar, Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a donné à cette occasion, une communication sur « l'état des lieux du secteur bancaire », au cours de laquelle, il a indiqué que 2007 a été pour le secteur bancaire l'année de l'accès à une deuxième génération de réformes instituées par la BCT, depuis 2006. T. Baccar a souligné que les encours des banques à l'économie ont dépassé en 2007 les 27 459 millions de dinars, en progression de 9,8% par rapport à 2006. En 2007, 80% du total des souscriptions aux bons de trésor de l'état ont été assurées par les banques, a-t-il ajouté. Le Gouverneur de la BCT a mis en exergue les résultats probants enregistrés dans ce secteur dont l'accroissement du nombre des agences bancaires, soit une agence pour 10 000 habitants et un compte bancaire pour 2 habitants, des taux très proches de la moyenne enregistrée par les pays développés. De même le taux de rendement des crédits a évolué au taux de 7,1% en 2007 contre un coût estimé à 3,4% a encore souligné T. Baccar.
En ce qui concerne les créances classées, Taoufik Baccar a indiqué que l'encours de ces crédits a atteint en 2007 environ 5509 millions de dinars, soit l'équivalent de 17,1% du total des crédits dont 55% sont couverts par les épargnes.
Les banques sont appelées, a-t-il dit, à rationaliser leurs politiques en matière d'octroi des crédits, à renforcer les résultats déjà enregistrés et à maîtriser les créances classées en réduisant leur niveau à 15% en 2009.
Clôturant les travaux de cette rencontre, Taoufik Baccar a fait savoir que la prochaine période sera marquée par la mise en oeuvre d'une deuxième génération de réformes à travers la révision de plusieurs lois en prévision de la mise en place des règles de Bâle II en plus de l'amendement du code des échanges et la révision de la loi de 1985 sur le secteur bancaire.