Au 31 décembre 2007 et alors que l’entreprise prépare son AGO, les états financiers de la Sotrapil font ressortir un total net bilan de 36,046 MDT et un résultat bénéficiaire de plus de 2, 145 MDT. On aurait pu s’en tenir à cette information d’une entreprise publique qui reste bénéficiaire. L’image que nous a donnée un cabinet de perspective (Perspeco, Laboratoire Euro-Med d’Analyses Economiques.) de cette entreprise qui n’arrive pas encore à concrétiser son fameux projet de pipeline malgré les promesses successives de sa direction, est cependant autre. L’image d’une entreprise publique en bourse qui ne va pas si bien que le disent ses chiffres.
Selon ce cabinet, le ratio de liquidité générale est serré et ses ratios ont considérablement régressé au cours de la période 2004-2007. Le ratio de solvabilité d’autonomie financière a régressé, le ratio d’endettement s’est accru lui aussi, les ratios d’immobilisations corporelles et incorporelles se sont accrus, le ratio d’immobilisations financières s’est de son côté réduit, les ratios de créances clients se sont aussi accrus, les ratios de marge brute, de marge nette sont en baisse. Les ratios de rentabilité financière et de rentabilité économique sont en baisse, celui de rentabilité économique qui mesure la performance de la société dans l’exercice de son métier au cours de la période, a enregistré une baisse continue et le ratio de rotation de l’actif est volatile à tendance baissière. Le même cabinet attire l’attention sur le ratio de financement des immobilisations par les capitaux permanents qui est en baisse. Et le même cabinet de conclure que «ces éléments montrent que les fondamentaux de la société déjà médiocres, se sont considérablement détériorés ».
Pour notre part, nous rapportons aussi cette partie du rapport du Commissaire aux comptes qui rapporte que l’entreprise est en procès pour une importante indemnisation au profit de l’entreprise Bouattour et croule désormais aussi sous l’injonction d’un redressement fiscal. Selon ce rapport en effet, « la Société [Sotrapil] est défenderesse dans un procès qui a été intenté à son encontre par l’Immobilière Bouattour. Cette dernière réclame une indemnité en contre partie du droit de servitude qu’elle a consenti à la Sotrapil, en Avril 2000, sur le terrain sis à l’Ariana. Le Tribunal de première instance a prononcé, en date du 18 Avril 2003 un jugement condamnant la Sotrapil à payer à la demanderesse une indemnité de 507 mille 100 DT. Ce jugement a été confirmé en appel en date du 26 Octobre 2006 et la société a consigné un montant de 533 mille 433 DT à la Trésorerie Générale. L’affaire a fait l’objet d’un arrêt de la Cour de Cassation en date du 01 novembre 2007 qui a cassé l’arrêt de la Cour d’Appel de Tunis. L’affaire est de nouveau inscrite au rôle de la Cour d’Appel de Tunis pour un nouvel examen. La Sotrapil estime que le montant de l’indemnité devrait être fixé par référence aux prix des terrains agricoles. Le droit de servitude sera constaté en actif, dès que sa valeur sera déterminée avec certitude. Cet actif fera l’objet d’amortissement qui commence à courir à partir de la date d’acquisition et s’achèvera à la fin de la servitude.
Suite au contrôle approfondi de la situation fiscale de la Sotrapil mené par l’administration au titre des exercices 2002-2005, l’administration fiscale a notifié à la société un redressement dont le montant est de 375 665 DT (compte tenu du crédit d’impôt constaté suite au redressement). Le chef de redressement unique s’appuie sur l’imposition de la réserve spéciale de réévaluation qui a été incorporée au capital. Ce redressement a été confirmé par la réponse de l’administration fiscale à la lettre qui a été adressée par la Sotrapil le 24 août 2006 pour contester le bien fondé de la notification. Une deuxième lettre a été adressée par la société en date du 29 janvier 2007 à l’administration fiscale, mais jusqu’à la date de rédaction de notre rapport, cette lettre est restée sans suite. Par ailleurs, il est à signaler qu’aucune provision pour risque n’a été constatée par la société concernant ce redressement ». (Télécharger le rapport de Perspeco)