Le Premier ministre éthio pien, Meles Zenawi, a dénoncé, mardi à Yokohama, dans le centre sud du Japon, les politiques économiques "imposées" aux pays africains dans les années 1980 par la Banque mondiale, estimant qu’elles ont plutôt retardé le développement du continent.
"Les politiques de libéralisation économique à outrance ont été un échec et elles ont retardé le développement de l’Afrique. Ces choix ont négligé les investissements dans les infrastructures, l’éducation et la formation", a-t-il déclaré.
S’exprimant au cours d’un symposium international sur le développement de l’Afrique organisé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), M. Zenawi a invité les pays africains à mener des politiques "plus pragmatiques" pour accélérer leurs croissances économiques, notamment en investissant dans les infrastructures pour assurer leurs développements durables.
"Il ne peut pas y avoir de croissance économique durable sans des infrastructures fiables et performantes. Depuis quelques années les pays africains réaliser des croissances économiques, mais l’insuffisance des infrastructures risque de ruiner leurs efforts", a affirmé le Premier ministre éthiopien.
"Nos partenaires exercent des pressions sur nous, mais ils ne nous laissent pas une marge de manœuvre pour nous permettre de concevoir et d’œuvrer pour notre propre développement", a-t-il ajouté.
M. Zenawi a salué le soutien du Japon à l’Afrique, invitant le continent à s’inspirer de son modèle économique.
"En Ethiopie, nous nous sommes beaucoup inspirés de l’expérience économique de l’Asie en général", a-t-il affirmé devant une assistance nombreuse composé de délégués africains et asiatiques venus assister à la quatrième Conférence de Tokyo sur le développement de l’Afrique.
Le sentiment du Premier ministre éthiopien est partagé par les autres animateurs du symposium, à savoir l’ancien président du Mozambique, Joaquim Chissano, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Ronald Kaberuka, le chef de l’Etat de la Tanzanie et président en exercice de l’Union africaine (UA), Kikwete Jakaya Mrisho et la directrice de la JICA, Mme Sadako Ogata.
Cette dernière a déploré le manque d’investissement dans le domaine des infrastructures, reconnaissant que la JICA n’avait pas suffisamment pris en compte l’importance des infrastructures dans les politiques de développement.
Les quatre animateurs du symposium ont insisté sur l’importance du secteur privé, estimant qu’il doit jouer un rôle important dans le développement économique en Afrique.
"La croissance économique ne doit pas être une affaire de chiffre. Elle doit être ressentie par la population», a ajouté l’ancien président mozambicain.
Le président de la BAD a estimé que les pays africains doivent clairement définir leur politique économique et travailler par ordre de priorité.
"Il faut une réforme de la bureaucratie pour la moderniser et la rendre plus compétente", a-t-il suggéré.
"Nous ne pouvons pas tout faire en même temps. Nous devons avancer par pallier", a-t-il suggéré, préconisant une réforme de la bureaucratie pour la moderniser afin de la rendre plus compétente.
|