Le Méditour 2008 a rassemblé quelques centaines de participants de tout le bassin méditerranéen qui sont venus discuter de l’état actuel du tourisme méditerranéen ainsi que des meilleures procédures pour le faire avancer. A cette occasion nous avons rencontré Murat Yalcintas président de l’Ascame (Association des Chambres de Commerces de la Méditerranée qui nous a parlé du tourisme tunisien ainsi que des activités de cet organisme. Interview…
Le Méditour à sa troisième session. Quelles sont les plus importantes impressions que vous avez eues sur cette édition ?
Tout d’abord je voudrais féliciter les amis tunisiens pour la réussite de cette édition, pour moi c’est un vrai succès. Deux choses ont caractérisé cette édition à savoir le sérieux et le professionnalisme. Quand ces deux éléments viennent ensemble, ça explique pour moi, le sucées du tourisme tunisien.
Mais le tourisme tunisien est passé par des périodes difficiles et elle est critiquée pour son choix d’un tourisme de masse !
Dans le monde entier et d’une façon générale, rien ne se passe du jour au lendemain. Dieu a crée l’univers en 6 jours. Il faut savoir que c’est un processus où il y’a des étapes à parcourir. Pour le tourisme tunisien, la première étape a été celle du Mass tourisme, et c’est de ce tourisme de masse que l’on passe aux autres modes de tourisme, notamment ceux qui sont plus rentables per capita. C’est ce que j’ai remarqué pendant ce Méditour, du point de vue des produits qui ont été discutés à savoir le Thalasso, le tourisme de santé, le tourisme des affaires et le Golfe. Je vois ce shift dans le tourisme tunisien et je suis tout à fait convaincu que la Tunisie ira au meilleur palier sur ce niveau.
Qu’est ce qui vous rend aussi confiant, alors que les mutations mondiales rendent la conjoncture difficile, sans oublier qu’on accuse le tourisme tunisien d’avoir pris une certaine connotation d’un tourisme de bas de gamme ?
Il faut savoir que c’est un chemin assez long. Lorsque je regarde en Tunisie, je vois les indices d’un bon tourisme à l’avenir. La construction par exemple de l’aéroport d’Enfidha, je connais les personnes responsables de cette entreprise et ils m’ont dit qu’ils sont conscients du fait que le tourisme tunisien va progresser d’une façon exponentielle. En plus je suis venu en Tunisie à maintes fois et j’ai remarqué que l’atout de ce pays est sa jeunesse.
Vous êtes le président de l’Ascame (Association des chambres de commerce et de l’Industrie des pays méditerranéens) comment voyez-vous le projet de l’Union pour la Méditerranée et comment est ce que votre organisation peut contribuer à son lancement ?
Le méditerrané est le berceau des civilisations, pour moi la rive sud est plus riche que la rive Nord. Mais le problème qui demeure, est celui des revenus qui sont encore assez bas au Sud par rapport au Nord. C’est une problématique sur laquelle nous devons travailler. Les centres d’intérêts de l’Ascame sont le tourisme, le textile et l’agriculture et nous croyons tous en cette Union pour la Méditerranée, mais sans oublier que chaque pays a son sac d’intérêts. Nous essayons donc de faire les choses au mieux, mais ce sont les intérêts qui se croisent pour cette famille de la méditerranée.
Vous vous êtes déclarés satisfait de cette édition. Comment est-ce que les activités que vous avez eues durant ce Méditour 2008 vont vous aider à bien mener vos prochains congrès ?
Durant cette édition, nous avons réussi à rapprocher les points de vue. Le comité exécutif de l’Ascame s’est réuni et nous avons décidé que l’Algérie sera l’hôte du Méditour 2009 et que Malaga en Espagne accueillera celui de 2010. Nous avons aussi décidé d’intensifier les échanges d’étudiants entre les pays membres pendant les stages d’été, un programme qui a commencé depuis déjà quelques années à l’initiative de notre organisation. Mais les plus importantes autres décisions, c’est celle du voyage à Brussel d’une délégation qui fera du lobbying auprès de la Communauté Economique Européenne et l’Eurochambres de commerce dans tous les domaines de nos activités. Ainsi ce seront 4 accords qui vont être signés entre l’Ascame et l’Eurochambre et les chambres africaines de commerce, dans les domaines du tourisme, de l’agriculture et du textile.