Les présidents de l'Angola, José Eduardo dos Santos et de la France, Nicolas Sarkozy, ont annoncé, vendredi à Luanda, une nouvelle ère dans les relations entre leurs deux pays, après une période de tension, a-t-on appris de source officielle dans la capitale angolaise.
A l'issue d'un entretien entre les deux chefs d'Etat, Eduardo dos Santos a salué les efforts de Sarkozy à vouloir dépasser les problèmes qui ont perturbé le renforcement de l'amitié et de la coopération entre les deux pays.
"Nous avons décidé d'entamer une nouvelle ère dans les relations bilatérales, une ère marquée par une profonde amitié, la confiance et le respect mutuel", a déclaré le chef de l'Etat angolais, cité par l'Agence angolaise de presse (ANGOP).
Eduardo dos Santos a déclaré que les deux pays ont manifesté leur désir à continuer les efforts pour accroître la coopération économique, l'échange commercial et les partenariats entre les hommes d'affaires nécessaires à la relance de l'économie angolaise.
Nicolas Sarkozy, pour sa part, a exprimé la volonté de son pays à travailler avec l'Angola sur la base du "respect et de la confiance dans la construction et le développement d'un futur et de tourner la page aux mauvais épisodes du passé".
Il a ajouté que son pays veut s'engager à long terme avec l'Angola et, pour cette raison, une fondation sera créée pour promouvoir des projets de développement économique et humain et une nouvelle ambassade de France sera construite dans ce pays de l'Afrique australe.
Le président français a souligné l'"énorme" potentiel de l'Angola et a garanti l'appui de son pays au processus de reconstruction en cours.
"(...) L'Angola est une puissance de la région et de l'Afrique et le président Eduardo dos Santos a travaillé en faveur de la paix dans plusieurs crises des pays voisins. Nous avons décidé d'avoir une concertation systémique sur tous les grands thèmes de l'Afrique", a-t-il indiqué.
Le président français a souligné qu'"après tant d'années de guerre et de souffrances, le moment du développement et de la paix en Angola est arrivé".
Sarkozy a aussi déclaré que l'Agence française de développement (AFD) reviendra travailler dans le pays et la société française d'assurance Coface reprendra les assurances de crédit.
Il a aussi annoncé une coopération politique et économique et a encouragé l'organisation en Angola des élections législatives prévues pour septembre 2008 et la présidentielle prévue pour l'an prochain.
Dans le cadre de la visite de Sarkozy, les gouvernements de l'Angola et de la France ont signé, vendredi à Luanda, cinq accords de coopération dans les domaines de l'Enseignement surpérieur et de la langue française, de la Santé, de l'Eau, de l'Assainissement et de l'Education.
Cette visite, qui a pris fin vendredi après-midi, devrait conduire à la normalisation des relations entre l'Angola et la França, profondément affectées par l'affaire dite de l'"Angolagate" relative à des ventes illicites présumées d'armes de l'Europe de l'Est au gouvernement angolais, entre 1993 et 2000.
Les divergences entre les deux pays se sont aggravées en mars 2007, quand la Justice française a décidé de poursuivre 42 personnes impliquées dans l'affaire, dont Jean-Christophe Mitterrand, fils de l'ex-président français François Mitterrand et les hommes d'affaires Pierre Falcone et Arcady Gaydamak, tous deux titulaires d'un passeport angolais.
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