L'économie du Kenya devrait ralentir à 4 pour cent en 2008, après avoir enregistré une croissance impressionnante de 7 pour cent en 2007, suite à une reprise timide après les violences post-électorales du début de l'année, révèle une étude économique.
Le ministre de la Planification du Kenya, Wycliffe Oparanya, a déclaré jeudi que la dynamique de croissance devrait ralentir en conséquence de la flambée des prix des denrées alimentaires et d'un relâchement de l'économie mondiale, ce qui a lourdement affecté le système financier international.
Le Kenya estime que son économie va croître entre 3,5 et 4 pour cent en 2008, essentiellement motivée par la diminution attendue des recettes tirées des hôtels et infrastructures touristiques, qui ont été frappées par une baisse de la fréquentation touristique après que le pays a sombré dans un chaos post-électoral.
La croissance économique, selon M. Oparanya, devrait dépendre de la stabilité du gouvernement de grande coalition au pouvoir au Kenya, mais l'accès à de nouveaux investissements et l'augmentation du crédit accordé aux fermiers devraient aussi conditionner le rythme de la croissance économique.
Le secteur agricole a connu une progression dérisoire de 2,7 pour cent en 2007 à cause de pluies tardives.
Le Secrétaire permanent du ministère de la Planification, Edward Sambili, a déclaré à la PANA que ces pluies tardives devraient entraîner une hausse des prix des denrées.
"Les prix des denrées risquent de rester élevés, ce qui devrait affecter notre croissance économique", a-t-il observé.
La violence post-électorale a déjà des conséquences négatives sur l'industrie du tourisme, conduisant à des annulations massives de réservations d'hôtels.
Les pays occidentaux tels que la Grande-Bretagne ont lancé une campagne de promotion touristique massive pour ramener les touristes au Kenya.
L'économie kenyane a créé 474.475 emplois en 2007, surtout dans le secteur informel, tandis que le secteur formel a crée peu de nouveaux emplois.
D'après une étude annuelle des activités économiques, les revenus des travailleurs kenyans ont augmenté de 10,8 pour cent en 2007.
Le secteur privé a crée 1,2 million d'emplois, tandis que le principal secteur de création d'emplois - notamment les petites industries où presque tout le monde travaille à son compte - a employé 7,4 millions de personnes, ce qui représente environ 89 pour cent de la main-d'oeuvre kenyane.
Ces statistiques signifient simplement que les travailleurs kenyans sont le plus souvent indépendants et par conséquent, le secteur industriel formel absorbe un nombre limité d'emplois.
L'agriculture, la pierre angulaire de l'économie kenyane, a également stagné, n'arrivant pas à dépasser les projections de 4 pour cent de croissance, selon le ministre de la Planification.
Cette étude économique, qui présente un rapport d'étape sur les résultats de différents secteurs, montre que le secteur de la fabrication, un autre moteur de l'économie, a progressé de 6,3 pour cent en 2007, comparé aux 6,2 pour cent de croissance atteints en 2006.
"Le secteur de la fabrication progresse mais pas aussi rapidement que nous l'aurions voulu. Certains secteurs comme l'hôtellerie et la restauration ont connu une embellie contrairement à d'autres", a noté Betty Maina, présidente de l'Association des fabricants du Kenya.
Elle indique que le secteur n'a pas crée autant d'emplois que prévu "du fait de la rigidité associée à l'emploi formel".
Les fabriquants kenyans tendent à employer moins pour ne pas répondre aux exigences réglementaires associées à l'emploi d'une main-d'oeuvre de masse.
La plupart des entreprises, notamment les firmes moyennes, tendent à maintenir le nombre d'employés à moins de 20 pour échapper aux contrôles légaux.
Mme Maina a, enfin, dit que la croissance du secteur de la fabrication dépendait aussi de la disponibilité du marché.
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