La société des héritiers Chahed (Khaled et Noureddine) et que dirige Hamdane Ben Othmane, vient de publier ses états financiers pour l’année 2007. On ne sait rien encore (le CMF non plus qui ne prend aucune sanction), des premières données 2008, mais l’entreprise semble donner des signes d’un petit rebond de santé.
D’un capital de guère plus de 12,6 MDT que l’entreprise n’arrive pas à augmenter malgré une décision de l’AG de 2003, la Sotuver termine l’année 2007, avec un résultat net virtuellement bénéficiaire de 4 MDT. Cette fulgurante ascension d’un bénéfice qui n’existait pas une année auparavant (-0,8 MDT pour l’exercice 2006), s’explique en effet presque uniquement par la plus-value réalisée par l’entreprise sur la vente de son terrain de Mégrine pour le compte du groupe Bayahi. Une vente, certes juridiquement conclue, mais pas encore complètement payée. Une plus-value, pourtant totalement introduite sur les comptes de l’entreprise qui seront présentés à ses actionnaires qui devront se réunir le 27 de ce mois au siège de l’entreprise à Zaghouan.
Des revenus qui augmentent …
Il est vrai, bien sur, que les revenus de la Sotuver ont augmenté de 2 MDT, passant de 15,16 à 17,17 MDT, dont seulement 3,8 MDT réalisés à l’export. On pourrait s’en plaindre, mais l’on pourrait aussi dire que l’entreprise confirme son positionnement sur le marché local où elle est encore l’unique fabriquant de bouteille. Les charges d’exploitation ont un peu remonté de 1 MDT (16,3 contre 15,5 MDT), les charges financières restent stables à 1,9 MDT et la trésorerie de clôture d’exercice s’améliore même si elle reste négative (0,8 MDT l’année dernière contre -2 MDT en 2006). Au moins deux autres ratios sont pourtant moins rassurants. D’abord dans la rubrique «clients et comptes rattachés» qui reste important, malgré sa diminution. Ce compte qui parle sans le dire de l’argent que l’entreprise n’a pas encore encaissé ou de l’impayé de ses clients, contient encore 2,3 MDT (certes contre 3,7 MDT à la période correspondante de 2006). Dans la rubrique «actifs courants» et divers fournisseurs et débiteurs, on enregistre un total de 7,2 MDT. Ce montant des impayés à régler par l’entreprise à ses fournisseurs, a augmenté de 3 MDT (4,4 MDT en 2006).
… plus de 13 MDT de crédits et toute l’entreprise nantis ou en hypothèque !
Alors que son capital reste au faible niveau de 12,6 MDT et que l’affaire d’assurance relative au sinistre intervenu durant le 25 juillet 2003 à l’usine de Mégrine, portée devant l’arbitrage, ne trouve encore aucune issue et qu’aucune estimation de l’indemnité n’est encore possible, la Sotuver enregistre encore un niveau d’endettement assez haut. Selon ses propres comptes, le total des crédits, long et moyen terme, pour l’exercice 2007, a été de 13,1 MDT et que le concours bancaire (normalement les crédits court terme), sont de 5,8 MDT. Ces deux chiffres sont à comparer aux 17 MDT de revenu pour l’année !
La société Sotuver a affecté spécialement au profit de la STB, en pari-passu avec la Biat, la BNA, l’Amen Bank et la BTEI une hypothèque immobilière de premier rangs ses parts indivises dans la propriété à Jebel El Ouest et un nantissement de premier rang sur l’outillage et le matériel d’équipement professionnel, l’ensemble du matériel servant à l’exploitation du dit Fonds. Cela est normal pour un tel investissement, mais mérite d’être noté.
Longtemps, l’entreprise a toujours présenté cette affaire de l’assurance, comme l’un des moyens de réduire son endettement. Cela ne semble pas être pour demain. La direction de l’entreprise a aussi, depuis le lancement de la nouvelle ligne de production à Zaghouan, miroité le développement de la bouteille one-way qui devait faire décoller la production et les ventes. Cela ne semble pas être pour demain. La direction a aussi toujours parlé de marchés à l’export, de commandes dans divers pays. Elle a fait moins de 4 MDT de chiffre d’affaire à l’export. Et plus que tout cela, l’entreprise ne dispose plus de perspectives claires. Son présent, est encore (lui aussi) hypothéqué par cette question des ventes des 65 % des parts des héritiers. Parions que ces héritiers resteront toujours muets sur cette question lors de la prochaine AG !