Tunisie : Tout va bien, elle tient jusque là le choc pétrolier.
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Dimanche 07 Septembre 2008

19-05-2008 : Tunisie : Tout va bien, elle tient jusque là le choc pétrolier.
par : K. Boumiza.

Les prix internationaux, toutes matières premières et de base comprises, ont flambé. Comment fait la Tunisie pour résister ? Ce qui est certain, c’est qu’il y a, depuis le déclenchement de ces nouvelles hausses, notamment des produits pétroliers, un suivi quotidien de la situation sur les différents marchés internationaux, des devises, du LME, du pétrole et des céréales notamment. Un suivi coordonné par le Chef de l’Etat tunisien lui-même qui a donné ses directives, pour que la cadence de ce suivi, par le gouvernement à ses différents étages, s’intensifie et s’imprime le même rythme que celui des développements internationaux. Un centre de veille stratégique est ainsi mis en place. D’un budget à l’autre, le gouvernement tunisien réajuste ses prévisions,  ses projections et fait les réajustements nécessaires, tantôt par les prix, tantôt par le contrôle économique, mais semble toujours garder la main.

Il faut noter, que le chef de l’Etat tunisien a une double préoccupation. D’abord, une équation à trouver entre une volonté, mainte fois déclarée et prouvée (comme par la dernière augmentation du Smig et son appel au démarrage des négociations salariales), de sauvegarder le pouvoir d’achat du citoyen et la necéssité de pérenniser le tissu d’entreprises tunisiennes, en veillant à ne pas trop entamer son pouvoir concurrentiel. Ensuite, un devoir de sauvegarde des équilibres, financiers et budgétaires, conditions sine qua non, pour atteindre les objectifs fixés en matière d’investissement et d’emplois. De l’investissement, dépend l’emploi et dans ce domaine, les besoins sont grandissants et constituent de plus en plus une pression sociale qui requiert réponses concrètes.

Il faut dire, que pour la Tunisie, chaque dollar de plus sur le prix du pétrole, équivaut à 25 MDT d’impact net annuel sur le budget. Il se passe certes rarement un mois, sans qu’on enregistre l’octroi d’un nouveau permis de recherche pétrolière, mais ce sont des investissements qui demandent du temps (beaucoup de temps au vu de la vitesse des changements de la conjoncture internationale), avant de donner des résultats en production pétrolière. Pour le moment, la Stir (Société tunisienne des industries de raffinage), ne couvre que 45 % des besoins en essence et 25 % des besoins en gasoil. Des projets, tels celui de la nouvelle raffinerie à Skhira, de la nouvelle centrale thermique qui sera construite par les français ou la prochaine centrale nucléaire, apporteront certainement solution pour l'avenir. D’ici là, il faudra attendre et mieux gérer. Côté céréales, la Tunisie couvre certes plus de 80 % de sa consommation en blé dur, mais pas plus que 25 % de ses besoins en blé tendre. Une culture délaissée depuis le temps du gouvernement Hédi Nouira et qui demande beaucoup de temps à rattraper, même avec les nouvelles mesures financières encourageant la céréaliculture et augmentant les surfaces emblavées.

Eviter de creuser le déficit et l’endettement.

Pour l’instant, la Tunisie accuserait un surcoût de déficit budgétaire net de plus de 400 MDT. Le déficit budgétaire qui est jusqu’ici de 3 %, risque cependant de dépasser ce seuil. Et s’il le fait, l’impact sur l’endettement devient inévitable. Pour l’instant donc, les équilibres sont trouvés, ils restent quand même fragiles et nécessiteront certainement de nouveaux ajustements. Même avec les nouvelles mesures de contrôle de la vente de la farine subventionnée pour les besoins du pain par le biais de la carte d’approvisionnement que le ministère du commerce compte introduire auprès des boulangeries tunisiennes, un nouvel ajustement du prix de cette denrée (le pain représente ne pourtant que 1,9 % de tout le panier de la ménagère tunisienne et 5,6 % des achats en denrées alimentaires, selon les résultats de l’enquête de la consommation de l’année 2005), semble inévitable. On pourrait même dire, qu’il y a une acceptation non dite et une attente latente,  publiques de cette augmentation. Traditionnellement connu par ce genre d’augmentation, le mois de juillet devrait apporter des nouvelles dans ce sens. Le secteur de l’énergie est aussi le second secteur qui ne devrait pas tarder à enregistrer une augmentation, des carburants et de l’électricité. Elles seront certainement de petit volume, mais elles viendront.

Reste à se poser la question de savoir comment le gouvernement tunisien fera, pour sortir de ce mauvais pas, où il maîtrise peu d’éléments il faut le dire, avec le moindre dégât pour l'économie du pays ?

Les solutions sont autant évidentes que difficiles, tant elles demandent du temps et de la compréhension des limites des possibilités de l'économie tunisienne, des défis de la conjoncture internationale et des besoins de cette économie en matière d'investissement et d'emplois. Cela demande une meilleure politique de communication gouvernementale, qui se doit d’informer plus, chiffres à l’appui, d’alerter, sans tomber dans l’alarmisme, mais surtout d’éviter le conventionnel et soporifique «tout va bien», en impliquant toutes les composantes de la société civile dans la recherche des meilleurs moyens de faire face et commencer par le compte sur soit, l’amélioration des capacités nationales (productivité et production) dans tous les domaines et par le consommer moins et mieux.



Réaction(s) à l'article de la part de :

salhi sghaier  

 

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