Le discours du Chef de l’Etat tunisien annonçant la décision d’augmentation du Smig (Salaire minimum industriel garanti) prononcé, on aurait pu s’attendre à une accélération des négociations sociales sur ce volet des salaires, tant tout le monde (patronat y compris) les attendait et tant l’impact de l’inflation est ressenti par le consommateur et par l’entreprise qui vit du consommateur. Et pourtant, ces négociations qu’employés, du secteur public comme du secteur privé attendent, sont dans un «statuqo statique » selon l’expression d’un négociateur. La centrale syndicale insisterait encore pour que ce volet salarial qui entre dans le cadre des négociations sectorielles, ne démarrerait qu’après la fin des négociations réglementaires. Celles-ci échopperaient pour l’instant sur la question d’un article de la loi réglementant la question des CDD (contrat à durée déterminée) et les CDI (Contrat à durée indéterminée). Le CDD serait légalement fixé à un maximum de 4 années, au-delà desquels le patron devrait le transformer en CDD. Et alors que le syndicat ouvrier voudrait transformer cette période en 2 années, le patronat proposerait 8 années. Les négociations se dérouleraient actuellement aussi sur la question des heures chômées et payées de «formation syndicale», des heures d’improductivité qui sont réglementées selon la taille de l’entreprise. Ces négociations concerneraient aussi jusqu’ici, la question des bureaux à donner aux représentants syndicaux dans les locaux de l’entreprise. Des négociations qui se déroulent sur fonds de préparations aux prochaines échéances électorales de la centrale syndicale ouvrière. Une centrale qui négocie aussi la possible non reconnaissance du travail en sous-traitance. Cette forme de travail est pourtant presque le seul moyen d’avoir du travail pour une multitude de petits ateliers textiles. Ceux-ci travaillent en sous-traitance soit pour des fabricants étrangers, soit aussi pour des usines tunisiennes dans le même secteur. Abdessalem Jrad, secrétaire général de la centrale Ugtt, a lui-même pris position contre ce genre de travail et voudrait renégocier les articles 28, 29 et 30 qui concernent la sous-traitance. Autant dire que ces négociations, dites réglementaires, pourraient durer encore une année. Et alors que, une première du genre dans les anales des négociations sociales triennales, les patrons se déclarent prêts pour cette augmentation qu’ils jugent même nécessaire. Pour cette fois en effet, c’est le patronat et non le syndicat ouvrier, qui réclament le passage aux négociations sur les salaires ou que, au moins que ces négociations sectorielles aillent de paire avec les négociations réglementaires. C’est en effet, et c’est là aussi une autre première dans les anales des négociations, l’Ugtt qui retarde ces négociations qui devraient augmenter le pouvoir d’achat du Tunisien et donner un nouveau souffle à l’entreprise qui vit de ces achats. En attendant, l’inflation pour le mos d’avril 2008 augmente. Après les 5,9 de mars, c’est désormais 6 % d’inflation. L’indice des prix du groupe énergie a glissé de 7,1 % entre décembre et avril et presque tous les groupes de produits du couffin de la ménagère ont augmenté. C’est ainsi +0,1 % pour l’alimentation, +1,1 % pour l’habitation et le bouquet après la fin de la période des soldes, +4,8 % pour l’habillement. On ne parlera pas des produits qui ne figurent pas encore dans ce panier d’une ménagère made in 2000 !
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