Le montant des transactions du secteur du textile des pays signataires de l’accord d’Agadir à savoir l’Egypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie, s’est élevé à 10 Milliards de dollars en 2007. Le textile, un secteur clé dans l’économie de ces pays, puisqu’il offre 1,5 millions postes d’emploi et dispose d’un fort potentiel pour promouvoir ses exports. Mais c’est aussi le secteur qui connait le plus de difficultés par rapport aux autres, tels que les télécommunications, l’Electronique ou encore la construction. Le secteur du textile s’est attribué une note C+ (la moindre est C- accordée au secteur de la Confection) sur l’échelle des risques apparus dans une étude qui a été exposée par Jean François Limantour, président du cercle euro méditerranéen textile/habillement, intitulée «Le secteur Textile- habillement des pays de l’accord d’Agadir, Une politique commune de développement». +22,1 % pour les exportations tunisiennes. Dans un marché mondial fort de 530 Milliards de dollars comme valeur d’exportations et où la région asiatique accapare 267 Milliards, le marché de l’Union Européenne auquel est ajouté celui de la région méditerranéenne, est en seconde place avec un volume de 190 Milliards. Les exportations de la Zone Agadir qui dépassent pas les 10 Milliards, restent assez loin de ceux de la région asiatique (70 Milliards de dollars vers les Etats Unis et 74 milliards de dollars vers l’UE) et ne dépassent ainsi pas 1,8% des exportations mondiales (Chiffres OMC). Selon l’auteur de l’étude les raisons de ces faiblesses proviennent essentiellement du caractère hétérogène du secteur textile dans la Zone Agadir, du à la taille de ses entreprises, leur orientation vers la sous-traitance et les pertes successives des parts de marché. Juste en 2007, les exportations du secteur textile de ladite zone n’ont pas dépassé 6,22 Milliards d’euros vers l’UE et 2,1 Milliards d’euros vers les Etats Unis, destination sur laquelle on note une baisse de 2%. A noter que sur ce dernier marché La Tunisie a enregistré une hausse de 22.1% de ses exportations pour une somme de 57.4 Millions d’Euros et qui a été soutenue par une évolution des exportations vers l’Union Européenne de 5% pour la valeur de 2.8 Milliards d’Euros. Les raisons de la faiblesse sont nationales, et un partenariat Euromed n’existant pas ! La valeur totale des exportations des pays de la Zone Agadir a enregistré une hausse de 5.8% vers l’Union européenne, contre une régression de -2% des exportations vers les Etats-Unis. Ceci explique le total cumulé de 2.1 Milliards d’Euros et qui reste modeste par rapport au total des exportations de la région vers l’UE. Les raisons de ces taux assez faibles enregistrés par le secteur textile d’une région qui dispose pourtant d’un potentiel humain et d’une proximité géographique indéniables, demeurent incompréhensibles. A en soustraire la sous-traitance pour les clients occidentaux, le secteur textile habillement dans les pays de la Zone Agadir se caractérise essentiellement par une réglementation mal connue, une information commerciale déficiente, le manque de transparence dans les échanges. Ajoutons à cela, le peu de marques, l’offre textile insuffisante et enfin la méfiance et les égoïsmes nationaux. Parlant du partenariat Euromed qui «n’existe véritablement pas» selon lui, J.F Limantour explique que «’il s’agit essentiellement de création, innovation, tissus intelligents du partenaire du Nord, alors que celui du Sud se contente de la sous traitance, dans un contexte de concurrence internationale dure, asiatique notamment, outre les perspectives économiques difficiles». Un plan de travail suggéré encore une fois par les voisins du Nord ! Pour contrecarrer cette situation critique que connait le secteur du textile habillement dans les pays de la Zone Agadir, le président du cercle euro méditerranéen du textile/habillement propose une feuille de route. D’abord une politique professionnelle et commerciale. Les objectifs à se fixer seraient principalement d’augmenter la production et l’emploi, améliorer la valeur ajoutée et surtout migrer vers des activités plus évoluées et développer la compétitivité générale, sans oublier d’encourager l’intégration verticale et conquérir de nouveaux marchés. Pour atteindre ces objectifs, les pays de la Zone Agadir, devraient principalement adopter une politique de solidarité, de complémentarité, de différentiation et de subsidiarité. Ces actions seraient en mesure, selon Limantour, de concrétiser certaines orientations stratégiques tels que le développement des échanges commerciaux, la promotion des investissements industriels, la promotion commune à l’exportation, la coopération Intra Agadir et une coopération renforcée avec l’UE et avec les autres pays méditerranéens. Le Président du cercle euro méditerranéen textile/habillement propose de créer une structure de pilotage du plan d’action et de représentation des intérêts sectoriels, de créer une task force d’industriels et ensuite s’orienter vers le lobbying et intégrer des réseaux à l’échelle internationale.
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