Le groupe Poulina qui se restructure en Holding pour entrer prochainement en bourse, est autant connu qu’inconnu. C’est en effet un groupe bâtit par 8 familles, presque toutes originaires de la ville de Sfax. Chose peu connue, c’est aussi un groupe où il est interdit à toutes les familles de diriger directement une des entreprises du groupe et même de faire travailler leurs progénitures dans les entreprises du groupe. Familiale, Poulina se déclare pourtant entreprise transparente. Sa gestion est en tous cas un vrai cas d’école, qui se présente très bien en séminaire, qui présente bien, mais qui est presque impossible à appliquer en dehors de ce groupe où, pour l’anecdote, il n’y a pas de séance unique et tous les locaux sont non fumeur depuis 2004. Poulina c’est en fait 74 entreprises, de l’aviculture au tourisme et parcs de loisirs, de l’industrie aux technologies de l’Information, de l’immobilier à la distribution. C’est aussi 3000 entreprises créées, en essaimage, à la périphérique du groupe, des centaines de produits et plus de 100 marques. Le groupe, tel que l’a présenté la semaine dernière son président Abdelwaheb Ben Ayed dans un pré road-show d’entrée en bourse, c’est 1 milliard de dinars de chiffre d’affaires et un résultat net bénéficiaire pour l’exercice 2007, de quelque 100 MDT. Selon les chiffres présentés à cette occasion, à la presse et à quelques intermédiaires boursiers présents, le groupe a enregistré une croissance moyenne de 35 % au cours des quarante dernières années de son existence et une moyenne annuelle de croissance de 15 % au cours des cinq dernières années. Poulina partout, du Maroc jusqu’à la Chine !
Poulina, c’est l’aviculture, l’industrie, l’agroalimentaire et services, la céramique, l’emballage et l’immobilier. Avec 14000 emplois, dont seulement 6000 payés par bulletin de salaire (le reste, d'une manière indirecte et à travers les projets d'essaimage notamment), le groupe se dit «longtemps 1er employeur privé de Tunisie, recrutant pendant des années jusqu’à 10% des ingénieurs». Le groupe Poulina, ce que peu de monde sait, n’est pas que tunisien. Le groupe est intermaghrébin. Il est implanté en Libye avec pas moins de 7 entreprises ou projets d’entreprise dont dernièrement la participation majoritaire dans une clinique privée, en Algérie dans l’acier les bouteilles à gaz, l’agroalimentaire et la céramique. Il est aussi implanté au Maroc où il a au moins une usine de crème glacée. Sur ses 500 MDT de budget d’investissement pour les 3 prochaines années, il en prévoit en tous cas pas moins de 150 MDT, pour les pays du Maghreb. Poulina est aussi et depuis quelques semaines en Chine où il produira et commercialisera de l’acier. Il vise même l’inde pour la même activité et prépare d’autres projets dans l’immobilier en Arabie Saoudite et en dehors du Royaume avec un important groupe du Royaume. Poulina se dit vouloir être en tout, opportuniste et intéressé par tout type de projet (même si, questionné à propos des TIC et les télécommunications A. Ben Ayed les a pour l’instant écartés) rentable. Pourquoi va-t-il en bourse ?
Arborant le slogan racoleur de «Oui, nous allons en Bourse», Poulina que A. Ben Ayed a déjà préparée à sa succession en la dotant de doubles structures, dont son poste même de président du groupe, prêtes tout le temps à prendre la relève, explique sa volonté d’entrer sur la bourse de Tunis par plus d’un facteur. D’abord, dira Ben Ayed, «l’appel du Chef de l’Etat tunisien à la dynamisation du marché financier», la maturité de ce dernier, l’engouement des petits porteurs et surtout, les avantages fiscaux. Abdelwaheb Ben Ayed ne le cache en tous cas pas et ne semble pas en prendre ombrage. Il n’oublie cependant pas d’évoquer l’impératif de cette entrée pour l’internationalisation du groupe. Un impératif qui «exige des architectures spécifiques, et un mode de gouvernance qui passe par la bourse», indique-t-il. La bourse lui assurera une meilleure optimisation des financements et renforcera ses implantations à travers le monde. Et même s’il se refuse maintenant à penser à sa retraite, Ben Ayed n’en pense pas moins à la préparation de la transmission du groupe pour sa pérennisation. Il est pour cela convaincu que ce sera la bourse qui le garantira. 10 % pour les Tunisiens et les étrangers.
Pour ce qui est de l’entrée en bourse, on sait que la Holding, composée de 6 mini holding, ne mettra que 10 % de sa capitalisation en bourse. On ne sait pourtant rien encore d’officiel sur cette capitalisation ou valeur de Poulina. Officieusement, elle est généralement évaluée à quelque 1,5 milliards de DT. La Holding Poulina, sauf pour ses composantes tourisme et terrains agricoles, devrait faire cette entrée en bourse par le biais d’une offre publique de souscription (OPS) à une augmentation du capital de la Holding. Cette OPS que devrait conduire l’intermédiaire boursier Tunisie Valeur, devrait concerner 10 % des 1500 MDT et devrait être lancée avant juin 2008. 5 à 6 % du montant de cette souscription, devraient être consacrés à des fonds d’investissements et à des investisseurs étrangers. Elle devrait en cela suivre l’exemple d’Artes.
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