La Banque Africaine de développement tiendra son assemblée générale au Mozambique entre le 12 et le 14 mais courant. Faisant de Tunis son siège temporaire depuis déjà quelques années, les dirigeants de la banque ont tenu le vendredi 2 mai 2008 une réunion pendant laquelle les dirigeants de la Banque, notamment son président Donald Keberuka et son Secrétaire Général Kordje Bedoumra, ont présenté aux représentants de la presse tunisienne les grandes lignes des travaux de cette assemblée générale. Remerciant les autorités tunisiennes d’accueillir la banque « à un moment difficile pour soutenir l’intérêt de l’Afrique », K. Bedoumra a aussi rappelé que la relation entre la Tunisie et la BAD date depuis 1964, et que sur une période de plus de quarante ans, les investissements de la banque dans ce pays ont atteint 5.75 milliards de dollars. Evoquant l’assemblée générale comme étant « la réunion des gouverneurs et des actionnaires de la Banque », le secrétaire général de la Bad a déclaré que son thème général sera celui de la « croissance et de l’urbanisation », puisque ce sera pour l’Afrique, le grand défi pour les années à venir, ainsi que pour la majorité des pays africains. C’est pour cette raison, précise K. Bedoumra que « le président de la BAD a mis en place un panel de haut niveau pour penser de la stratégie de la Banque pour ce 21ème siècle ». Ce panel permettra à la direction de la Banque de dresser des indications, des orientations et des réflexions pour les périodes à venir, dans l’objectif de trouver les meilleures solutions pour les problèmes qui vont se poser. 1 Milliards de dollars supplémentaire en faveur de l’agriculture, serait-ce suffisant ? Prenant la parole après le préambule du Secrétaire Général, Donald Keberuka, Président du groupe de la BAD est très rapidement entré au vif du sujet. Parlant principalement de la crise alimentaire qui menace un bon nombre de pays africains, il a annoncé que la « banque engagera un milliard de dollars supplémentaires, cela sans compter les 3.8 milliards qu'elle a déjà engagés en faveur de l’agriculture africaine ». L’objectif est «d'apporter un soutien supplémentaire pour accroitre la production agricole en Afrique » a-t-il déclaré. Avec des populations de plus en plus urbanisées, la BAD estime que prés de 150 millions de personnes courent des risques très sérieux, surtout les pauvres dans les zones urbaines, les personnes vivants avec le VIH/SIDA et les pauvres dans les zones rurales. Le déficit des denrées alimentaires est quant à lui estimé à environ 35.8 millions de tonnes métriques et « il ne s’agit pas juste des problèmes à court termes » souligne D. Kaberuka. Le président du groupe de la BAD a même dressé une liste de 12 pays africains, estimés comme les plus menacés par la crise alimentaire tels que le Burkina Faso, la République de Centre Afrique, le Libéria, la RDC (République Démocratique Du Congo) et même l’Egypte. La solution pour ces problèmes, précise le président Kaberuka, « doit être à de moyen et long terme, dans l’optique de donner une impulsion à la productivité agricole ». Cela doit se faire, selon Kaberuka, en fournissant l’appui aux agriculteurs qui jusque-là, avance-t-il encore, « n’ont pas pu accroître leur production en raison du coût élevé des intrants ». Décisions pour promouvoir l’agriculture africaine D. Kaberuca a ensuite déclaré que la BAD compte restructurer son portefeuille pour dégager environ 250 millions de dollars, à titre de ressources à décaissement rapide, pour acheter les intrants et engrais requis, au cours de l’année à venir. Dans le même contexte, la BAD compte aussi opérationnaliser le mécanisme africain pour les engrais, en vue d’accroître son utilisation pour les petites exploitations agricoles. En outre la Banque réorientera une part importante de son portefeuille d’infrastructure pour dynamiser les investissements dans les infrastructures d’irrigation, qu’elles soient petites, grandes ou même en milieu rural. D. Kaberuka a aussi annoncé que la BAD compte accélérer les activités visant à réduire les pertes post-récoltes « là où on estime que même une réduction de 10% de ces pertes permettrait d’engranger 5 millions de tonnes supplémentaires de céréales » a-t-il précisé. La banque envisage aussi des mesures supplémentaires, dont l’appui budgétaire, afin de permettre aux pays affectés de résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés, sans pour autant compromettre leurs réformes économiques. Pour le Président du Groupe de la BAD, tous les pays africains sont concernés par cette crise alimentaires, même la Tunisie et l’Algérie « qui sont deux pays en voie de développement, et dont le taux de l’exportation demeure important ».
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