La Tunisie a célébré hier la journée du premier mai, fête du travail. Une journée, marquée par l’annonce du Chef de l’Etat Zine El Abidine Ben Ali, d’augmenter le Smig et le Smag. Le gouvernement se chargera de fixer le montant de cette augmentation après concertation avec les organisations professionnelles concernées. Cette annonce intervient dans une conjoncture nationale marquée aussi par le démarrage des négociations sociales pour de nouvelles augmentations salariales sur trois années. Une augmentation qui démontre encore une fois que l’Etat se préoccupe fort de «préserver les droits des travailleurs, protéger leurs intérêts et améliorer leur pouvoir d'achat», comme le rapelle le Chef de l'Etat dans le discours qu'il a prononcé à l'occasion de cette fête du travail. Et le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali de rappeler aussi, que «l'année 2007 a été marquée par le paiement de la troisième et dernière tranche du programme triennal d'augmentations des salaires adopté par le précédent round de négociations sociales dans les secteurs public et privé, ce qui a permis d'assurer aux travailleurs et aux fonctionnaires des augmentations salariales annuelles, qui ne se sont jamais interrompues depuis le Changement». Une étape délicate pour l’économie.
Cette célébration de la Fête du travail coïncidant cette année avec le démarrage d'un nouveau round de négociations sociales. conscient des défis que ce nouveau round pose pour l’entreprise, pour sa compétitivité, le Chef de l’Etat ne manque pas non plus de rappeler aux partenaires sociaux, pour mieux les impliquer dans la recherche d’une voie médiane, «l'étape délicate que traverse notre économie nationale du fait de la forte et continuelle augmentation des prix des hydrocarbures et des prix des céréales et des matières premières, et de l'impact des unes et des autres sur l'économie nationale ». La remarque est d’importance, au moment où les négociations n’arrivent pas encore à s’enclencher sur la question des salaires et que le syndicat ouvrier évoque des augmentations que le patronat dit ne pas pouvoir supporter sans remettre en cause le pouvoir concurrentiel de l’entreprise tunisienne et au moment où le syndicat ouvrier use des déclarations sur la solidité de l’économie tunisienne, comme instrument de négociation. La remarque présidentielle est d’autant plus importante aussi, que le Chef de l’Etat avait commencé son discours en réaffirmant son attachement à la préservation du pouvoir d’achat du citoyen. Et comme pour encourager, essentiellement les deux parties négociatrices que sont l’Utica (patronat tunisien) et l’Ugtt (Syndicat ouvrier) à persévérer dans leurs négociations pour trouver la solution, le Président Ben Ali leur rappelle son attachement personnel, «en dépit de toutes les difficultés, à maintenir la régularité des rounds de négociations sociales, en comptant sur la détermination de tous les partenaires à faire réussir ce nouveau round de négociations, à l'instar de ceux qui l'ont précédé et à achever les négociations dans les délais impartis». L’emploi et la Cnam au centre des préoccupations !
Zine El Abidine Ben Ali ne pouvait pas manquer, dans ce discours de la fête du travail, de parler d’emploi, une priorité de son programme électoral. Il a surtout rappelé à ce propos l’importance de «la compréhension des partenaires sociaux et sur leur profonde perception des défis de l'étape actuelle », l’importance aussi «d'une culture bien enracinée du travail et de l'initiative », tout comme l’importance d’avoir des «entreprises fortement dynamiques dotées d'un taux d'encadrement élevé, d'une haute compétitivité et d'une vraie capacité à accéder aux marchés extérieurs et à s'engager dans les secteurs qui peuvent ouvrir de plus larges perspectives». Des ingrédients important pour la création de nouvelles opportunités d'emploi. Le chef de l’Etat tunisien évoquera aussi la question du nouveau système d’assurance maladie et indirectement la question de la Cnam et les couacs que cette caisse connaît encore, à cause notamment de ses différents avec différents syndicats de médecins et à cause de la non fixation jusqu’à présent des différents plafonds de remboursements qui déterminent les choix de régimes de couverture. Le Chef de l’Etat tunisien a fait appel à ce propos à «la coopération de l'ensemble des parties concernées » et au «sens de responsabilité qui caractérise l'ensemble des parties afin que nous puissions adopter les règles prudentielles et une démarche progressive dans l'application de la réforme et dans la fixation des taux de prise en charge des prestations afin d'éviter les dérapages et de préserver les équilibres financiers des systèmes de couverture sociale », en rappelant le plus important défi que rencontre le système de couverture sociale en Tunisie et qui est «les charges croissantes au niveau des régimes de retraite et à une augmentation des dépenses à un rythme plus élevé que celui des cotisations». Le Chef de l’Etat a aussi évoqué le secteur de la santé et de la sécurité professionnelle et annoncé surtout la "mise en place d'un programme national de gestion des risques professionnels". Le Président Ben Ali a aussi insisté sur la nécessité d’une «amélioration du rendement au travail (…) d'accroître le rythme de production, d'améliorer la productivité et la qualité du produit» en lien avec le renforcement de la compétitivité de l’économie tunisienne.
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