La Minière de Bakwanga (MIBA), société d’extraction de diamants basée à Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental (centre de la RD Congo), a résilié le contrat d’exclusivité d’achat de diamants octroyé au groupe canadien Emaxon, a appris mardi la PANA à Kinshasa, auprès de la MIBA.
Cette décision a été prise à l’issue d’une Assemblée générale de la MIBA, la semaine dernière, qui peut désormais vendre "seule et librement ses colis".
Emaxon Finance International détenait depuis avril 2003 le monopole d’achat de diamants produits par la MIBA.
Le contrat d’exclusivité liant la MIBA à Emaxon prévoyait que 88% de la production de la societé congolaise devaient être exclusivement vendus à la firme canadienne contre un financement de 15 millions de dollars US pour une durée de quatre ans.
En 2006, un rapport parlementaire avait dénoncé ce contrat et conclu qu’Emaxon gagnait "le triple de sa mise" et faisait "main basse sur la production diamantifère de la MIBA".
La décision de retrait de ce monopole a été motivée par "le voeu de multiples partenaires qui voudraient financer l’entreprise de voir un peu plus clair sur la vente de sa production minière", a expliqué à la PANA, l’administrateur-délégué général adjoint de la MIBA, Mme Christine Tuse.
La MIBA, societé d’économie mixte qui s’étend sur une concession de 45.000 km2, est en baisse de production depuis plusieurs années. Ces cinq dernières années, elle a produit une moyenne de 6 millions de carats de diamants par an.
Elle est détenue à 80% par l’Etat congolais et à 20% par la société panafricaine Mwana Africa, cotée à la Bourse de Londres.
La MIBA a, par ailleurs, annoncé la reprise de ses installations d’exploitation ainsi que son patrimoine détenus depuis 1999 par la societé minière Sengamines, créée par le président Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel chef de l’Etat congolais, assassiné en janvier 2001.
Cette décision, saluée par le personnel ainsi que par la délégation syndicale de la MIBA, a été prise par le gouvernement congolais, indique le ministère des Mines, dans le cadre des recommandations adoptées en mars dernier à l’issue des "états généraux" des mines.
Une commission gouvernementale chargée de la revue des contrats miniers avait alors appelé à renégocier ou résilier d’importants partenariats conclus avec des géants internationaux du secteur.
Les 61 premiers contrats examinés sont tous considérés comme devant être réaménagés, renégociés ou purement résiliés.
Un total de 4.542 titres miniers ont été octroyés à 642 sociétés sur l’ensemble du territoire national. Les concessions couvertes par ces titres représentent 33% de la superficie de la RD Congo, selon le ministère des Mines.
La République démocratique du Congo recèle d’immenses ressources naturelles, dont 34% des réserves mondiales connues de cobalt et 10% des réserves de cuivre. Cependant, 75% des quelque 60 millions d’habitants de ce vate pays d'Afrique centrale, vivent encore avec moins d'un dollar US par jour, privés de nourriture et de soins appropriés, selon l’ONU.
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