Suite à la signature d’une convention avec la CNAM (Caisse Nationale d’ Assurance Maladie), la Chambre Syndicale Nationale des Physiothérapeutes Rééducateurs a tenu une conférence de presse dans l’objectif de vulgariser les détails de cette convention ainsi que pour annoncer son entrée en vigueur. En vertu de cette convention, tout affilié social pourra désormais bénéficier des soins d’un kinésithérapie, dans les cabinets et les centres privés spécialisés, sur simple présentation d’une prise en charge établie à son profit pour la CNAM sans avoir à débourser directement au kiné les frais de ses soins.
Mais le point de presse a vite viré vers une dénonciation de ce que les Kiné appellent « la concurrence déloyale » de la part de centre qui ont fleurit, un peu partout dans les quartiers chics de la capitale tunisienne et dans ils dénoncent, sans directement le dire, les dérapages ! Cette conférence de presse a en effet été l’occasion de s’interroger sur les centres de message, non agrées, qui sont apparus dans de nombreux quartiers chics de la capitale ainsi que dans les autres grandes villes du pays. Des centres qui offrent à leurs clients des massages « Thaïlandais » et autres… beaucoup plus qu’un service digne du nom de massage. Ces pratiques illégales sont offertes par des personnes non qualifiées dans des espaces d’esthétique, des salles de sport ou même dans des appartements privés.
Yassine Maazoun Président de la Chambre Syndicale nationale des physiothérapeutes rééducateurs, remarque en effet que «il existe depuis quelques mois, voire même depuis des années, une pratique de massages par des personnes non qualifiées dans des centres et même dans des appartements privés. Il vous suffit d’ouvrir le journal et vous y trouvez des numéros de téléphones portables qui offrent des services qui font défaut à l’esprit du métier et à la pudeur», s’exclame-t-il !
Pour lui le massage est devenu «une pratique exercée par des personnes non diplômées, qui nuit à la santé des tunisiens, à la profession de kinésithérapeute et à son image. C’est un acte paramédical qui doit être effectué par un kinésithérapeute diplômé ». Et le responsable patronal d’ajouter que «la croissance vertigineuse du nombre de ces centres, porte préjudice à la réputation de notre métier».
Questionné par AfricanManager sur les mesures que le syndicat compte prendre dans l’objectif de contrer ce fléau, il répond que «ce qui nous préoccupe le plus, ce sont les délires qui vont avec cette pratique, c’est la goutte qui a fait couler le verre, cette image nuit à notre profession et nous avons envoyé des lettres aux ministères de tutelle, ceux de la jeunesse et du sport et de l’intérieur, car nous ne disposons pas de pouvoir pour les fermer». Et de donner l’exemple d’une salle de sport qui a été fermé à El Menzah 5 et dont tout le personnel, notamment le directeur du centre, a été arrêté et que c’était la 4ème opération du genre.