Parisot, Sarkozy, la Tunisie et le projet de l’Union méditerranéenne !
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Dimanche 07 Septembre 2008

28-02-2008 : Parisot, Sarkozy, la Tunisie et le projet de l’Union méditerranéenne !
par : K. Boumiza.

Comme annoncé, Laurence Parisot, présidente du Medef (patronat français), était hier à Tunis où elle a rencontré des membres du gouvernement et le patronat tunisien. Hasard du calendrier certainement, sa visite en Tunisie intervient une journée après un changement, et pas que dans la dénomination, dans le projet français qui devrait consolider et développer les relations des pays de l’Europe du Sud avec les pays de la méditerranée, dont la Tunisie qui l’a soutenu.

Lors d’un colloque à Bruxelles, le Secrétaire d’Etat français aux affaires européennes, Jean Pierre Jouyet, a en effet déclaré [selon une dépêche de l’agence de presse Reuter en date du 26 février 2008] qu’ «il n’y a pas d’Union méditerranéenne» et annonçait la nouvelle dénomination de «Union pour la méditerranéenne », tout en précisant que ce «glissement sémantique n’est pas neutre». A bien comprendre le papier de l’agence de presse Reuter, qui titrait que «l’Union méditerranéenne de Nicola Sakozy est morte » et sous-titrant que c’est «un projet qui rétrécit au lavage », ce changement de dénomination, serait né d’un différent franco-allemand, avec une Angela Merkel (la chancelière allemande) qui faisait valoir que «on ne peut pas faire en sorte que certains s’intéressent à la méditerranée et d’autres à l’Ukraine». L’agence, qui écrit que «Paris a modéré ses ambitions, pour rassurer ses partenaires», ajoute cette précision de J.P Jouyet qui ajoute que «nous devons le faire [le projet de Sarkozy dont le pays est à quelques mois de la présidence française de l’UE], en associant pleinement tous les pays de l’UE qui souhaitent s’associer à cette aventure » et qu’il ne s’agissait que de «compléter et enrichir le processus de Barcelone» !

Parisot n’en sait rien !

Ce même sujet, même s’il n’a pas été directement et franchement dit et indiqué et que l’on peut imaginer qu’il a été évoqué dans ses discussions officielles, a été la trame du discours de la présidente du Medef, devant le patronat tunisien, réunit à l’occasion de cette visite de L. Parisot à Tunis. On retiendra à ce propos cette phrase de Mme Parisot qui déclarait, après avoir longuement disserté au sujet des relations euroméditerranéennes, que «huit mois d’existence pour un tel projet ne sont rien et que ce qui compte, c’est un bataillon qui y croit, en comprenne la dynamique et ne se laisse pas ébranler par les autres» !

Questionnée par Africanmanager, sur le sens de ce «glissement sémantique» et si la position de l’Europe, tant il est vrai que tout projet de ce genre nécessite des financements, pourrait changer ce projet, Larence Parisot nous déclare que «ce projet est extraordinairement ambitieux et qui est tout nouveau. Je crois qu’il ne faut absolument pas s’inquiéter de voir des évolutions, des ajustements, des modifications sémantiques. C’est une idée porteuse d’espérance, mais qui est forcément une idée de moyen ou long terme». Et de préciser que «parler d’Union pour la méditerranée, ça ouvre la porte à des pays qui n’ont pas de rive sur la méditerranée, mais qui ont néanmoins un intérêt pour son avenir, en fait un projet plus ouvert que dans sa première dénomination». La Tunisie, comme le reste des pays maghrébin, on le sait pourtant, sont liés par un accord de partenariat avec l’Union Européenne dans le cadre du processus de Barcelone. La présidente du Medef ne rate pourtant pas le coche et répond que «on sait très bien qu’il faudra trouver une articulation qui rende ce projet complémentaire» avec celui du processus signé avec l’Union Européenne et qu’il «ne s’agit pas de se substituer ou de faire en sorte que l’un efface l’autre ». Pour y arriver, L. Parisot prône la politique des étapes ». Et de préciser qu’il faudrait pour cela que les pays maghrébins disent en bloc qu’ils sont favorables à ce projet et que s’engagent ensuite des discussions entre l’Union Européenne et le reste des pays qui veulent y participer, pour voire comment peut se faire l’articulation, «à ce moment là, on peut avancer». Questionnée ensuite par les journalistes présents à sa conférence de presse tunisienne, sur les contours et le contenu de ce projet de l’Union pour la méditerranée, elle avouera pourtant qu’elle «n’en sait rien » !

On a plus d’affinités avec les hommes d’affaires tunisiens qu’avec les Anglais !

On ne passera pas, sans retenir cette envolée de la présidente du patronat français, lorsqu’elle parlait de la Tunisie et pour répondre à ceux qui, dont le patronat tunisien, trouvaient que les investissements français en Tunisie, n’étaient pas au niveau des relations entre les deux pays. «J’accorde une importance particulière au Maghreb », dit-elle, « et une importance encore plus particulière à la Tunisie, avec laquelle il y a une affinité de connaissance » et d’ajouter à ce propos que «il y a plus d’affinité entre hommes d’affaires tunisiens et français, qu’entre hommes d’affaires français et anglais» et on suppose là que le choix des anglais n’était que pour l’exemple ! Elle affinera cependant cette comparaison et l’expliquera en indiquant que les hommes d’affaires tunisiens et français font désormais face à de nouveaux concurrents et à un nouveau type de concurrence. Pour le premier, elle citera la Chine et son offensive sur l’Afrique et les investissements des pays du Golfe et notamment leurs projets en Tunisie. Pour le second (les nouveaux types de concurrence), les rivalités entre investisseurs privés et fonds souverains. A cette même Tunisie, Laurence Parisot, voudrait attribuer un rôle de médiateur et de locomotive, pour unifier économiquement le Maghreb, ce Maghreb qu’elle voudrait en «couple franco-maghrébin», la force motrice du projet de cette Union pour la méditerranée !



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