Le Fond Monétaire International vient de publier son dernier rapport sur l’économie tunisienne et ses perspectives pour l’année 2008. Un rapport où l’appui à la politique tunisienne est visible, même s’il est tempéré quelques fois de quelques remarques ou de quelques conseils pour mieux faire. Un rapport qui confirme aussi, l’impact attendu de la conjoncture internationale sur la Tunisie. Un rapport qui met aussi en garde les autorités tunisiennes contre les risques inflationnistes, surtout que la Tunisie devra commencer 2008 avec une inflation héritée de presque 3 % (2,9 % pour être exact). Un rapport qui conseille, sans le dire, de nouvelles augmentations des produits de l’énergie et des produits administrés, donc ceux où intervient la Caisse Générale de Compensation.
Selon le dernier rapport de janvier 2008 du FMI, la croissance devrait rester robuste à 5,7 %. Le gouvernement tunisien table quand à lui, on le sait, sur une croissance de 6,1 %. Le FMI explique ce léger ralentissement par «la croissance exceptionnelle du secteur énergétique en 2007, au ralentissement probable de la croissance en Europe, à l'expiration des quotas de l'Union européenne (UE) sur les exportations chinoises de certains produits textiles et à une politique monétaire restrictive ». Il tempère ensuite cette affirmation, en indiquant que «l'élan de l'économie et les grands projets d'investissement devraient limiter ce ralentissement ».
Qui veut des augmentations ?
Le rapport évoque ensuite, les pressions inflationnistes, notamment l'inflation importée, celle que la Tunisie, pays à économie de transformation et qui doit importer pour exporter, subit sur toutes ses matières premières et sur l’énergie, même si elle en produit. Des pressions qui vont probablement persister en 2008. Le FMI met ici en exergue, comme s’il la cautionnait «la politique prudente de la BCT» qui a déjà augmenté son coefficient de réserves obligatoires. Il informe à ce propos, que la BCT qui a fait du contrôle de l’inflation son objectif principal, «devrait contenir l'inflation à 4 % en moyenne ». Première information ! Selon lui, « cette prévision tient compte de l'augmentation probable des prix des produits administrés si les prix mondiaux restent élevés ». Et toujours à propos de l’inflation, le rapport met en garde contre «les flux importants d'investissements directs étrangers (IDE) et la dépréciation du dinar par rapport à l'euro peuvent contribuer à l'inflation ». Il conseille à ce sujet «une étude d'évaluation de leurs impacts serait d'un intérêt évident pour mieux cerner la question ».
Deuxième information donc, même sous forme de question probable, il y aurait de nouvelles augmentations de prix en 2008. C’est en tous cas ce que suggère ce dernier rapport. L’équipe du FMI, met même indirectement en garde la Tunisie, contre une non-augmentation, en évoquant le déficit budgétaire qui est fixé à 3 % du PIB et affirme que «si les prix internationaux du pétrole et des produits de base restent élevés et en l'absence d'augmentation significative des prix administrés, les subventions risquent d'être plus élevées que celles prévues dans le budget ». Il avance même qu' «en 2008, le compte courant de la balance des paiements pourrait accuser une légère détérioration si les prix du pétrole et des produits de base devaient rester au voisinage de leur niveau record enregistré récemment ». La prochaine période estivale [période habituelle], ou peut-être avant, nous en dira certainement plus long à ce sujet !
Ralentissement des exportations pour 2008 ?
Sinon, pour 2008 toujours, le rapport du FMI «prévoit un ralentissement du rythme des exportations dû notamment au fléchissement de la croissance de l'économie mondiale. De nouveau et toujours dans cette logique «FMIste» de ne jamais être totalement et définitivement affirmatif, le rapport tempère son jugement et indique qu' «il existe des incertitudes concernant l'impact de l'expiration des quotas de l'UE sur les exportations chinoises de certains produits textiles, bien que les carnets de commandes pour le premier trimestre de 2008 ne semblent pas indiquer un ralentissement des exportations du secteur textile tunisien » !
Il poursuit ensuite en affirmant de nouveau que «les importations connaîtront probablement une croissance relativement forte en raison de la persistance des cours élevés du pétrole et des matières premières et du besoin important en biens d'équipements et matières premières. Par conséquent, une légère détérioration du compte courant à 2,7 % du PIB en 2008 est prévue». De nouveau, le rapport tempère son jugement en affirmant que «néanmoins, la diminution tendancielle de la dette extérieure se poursuivra avec un taux d'endettement extérieur passant à 52,9 % du PIB en 2008 ».