Le Ghana donne beaucoup plus qu'il ne reçoit avec l'Accord de partenariat économique intérimaire signé avec l'Union européenne (UE), estime un groupe de plaidoyer pour le commerce, le "Third World Network" (TWN).
Selon l'agence de presse ghanéenne citant le directeur des programmes de TWN, M. Tetteh Hormeku, cet accord va obliger le gouvernement d'Accra à libéraliser une proportion extrêmement importante de ses importations de l'UE, sans qu'il soit défini clairement quels secteurs seraient affectés.
Il a indiqué que cet accord, qualifié de "tremplin" était plutôt un "bourbier".
TWN faisait campagne pour que les pays ne signent pas les Accords de partenariat économique (APE).
L'accord intérimaire signé par le Ghana prévoit la suppression immédiate des taxes sur pratiquement toutes les exportations vers l'Europe et la disparition progressive, sur 15 ans, des taxes sur 80% des importations des 27 pays membres du bloc de l'UE.
Les 20% restants d'importations sont considérés comme des "produits sensibles" qui seront soumis à des taxes même après la période de transition de 15 ans pour promouvoir le développement économique, la sécurité alimentaire, l'emploi et la génération de revenus par les gouvernements.
D'après les termes de cet accord, le gouvernement du Ghana s'est fixé un calendrier pour la suppression des différentes taxes sur les catégories de produits à des périodes déterminées.
Toutes les taxes doivent être supprimées sur ces produits au bout de cinq ans, à partir de 2009, tandis les autres devront l'être d'ici 2017.
M. Hormeku a déclaré que l'accord ne spécifiait pas le pourcentage total des produits qui feraient l'objet d'une libéralisation selon le calendrier par catégories.
"Il n'implique que la catégorisation des produits à libéraliser en provenance de l'Union européenne, selon laquelle environ 20 pour cent des importations entrent dans la catégorie des produits qui ne seront pas libéralisés", a-t-il indiqué.
Il a estimé que le gouvernement avait tort de s'engager dans des négociations touchant les domaines de l'investissement, de la concurrence, du commerce dans les secteurs des services et de la propriété intellectuelle, alors que ces dernières étaient rejetées par la CEDEAO.
Le Ghana est le second pays d'Afrique de l'Ouest après la Côte d'Ivoire à avoir signé un accord intérimaire, tandis que les pays en développement se précipitent pour empêcher l'interruption de leurs exportations vers l'UE, le plus gros bloc commercial du monde.
Le président de la Commission de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas, a déclaré à l'agence ghanéenne de presse, dans une interview, que la communauté soutenait des accords intérimaires spécifiques uniquement pour permettre la poursuite des exportations, du moment qu'elles ne contrecarraient pas les négociations sur un texte régional plus large relatif aux APE.
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