Le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Mohamed Ibn Chambas a appelé lundi 17 décembre à Ouagadougou les pays membres de l'organisation à un sursaut afin d'accélérer les démarches devant aboutir à une signature rapide, globale et complète des Accords de partenariat économique (APE).
"A l'ère de la Mondialisation, pour les petits pays comme les nôtres, la seule voie possible pour exister et être un acteur respecté dans l'évolution du monde demeure l'intégration régionale", a-t-il déclaré.
S'exprimant au cours de la cérémonie d'ouverture de la réunion extraordinaire des ministres des pays de la CEDEAO chargés du suivie des l'APE, M. Chambas a déploré la signature par la Côte d'Ivoire et le Ghana d'accords intérimaires bilatéraux avec l'Union européenne (UE).
Il a estimé que leur acte est préoccupant et menaçant pour la cohésion, l'unité et la solidarité au sein de la CEDEAO dont les deux pays sont membres.
Dans son intervention, le ministre burkinabè du Commerce, de la Promotion de l'entreprise et de l'Artisanat, Mamadou Sanou, a invité les pays de la CEDEAO à la vigilance face à la pression des Européens pour conclure les APE en contournant les organisations régionales.
"Les APE ne sont pas une fin en soit", a-t-il déclaré, estimant que le choix de l'UE de négocier séparément avec les pays pose plus de problèmes qu'il n'en résout.
"Si nous ne prenons pas pleinement la mesure de ce que cela signifie pour remettre ces accords bilatéraux dans le processus régional, nous courons tout droit le risque de voir surgir plusieurs structures tarifaires", a ajouté M. Sanou.
La réunion, qui se tient dans la capitale burkinabè, va examiner l'état d'avancement des négociations des APE entre l'Afrique de l'Ouest et l'UE.