L’une des principales caractéristiques de l’économie tunisienne, par ailleurs toujours mises en relief par les instances économiques internationales (FMI et BM), a jusqu’ici été cette capacité à résister aux chocs extérieurs. Le choc pétrolier auquel fait actuellement face la Tunisie, sera très probablement son plus important et peut-être déterminant, teste grandeur nature. Un choc que la Tunisie tient, jusqu’ici et depuis 2004, impérieusement au vu de sa réussite à assurer les équilibres financiers, à continuer d’investir, et surtout dans un climat de stabilité sociale, si important pour l’image de cette Tunisie qui veut rester un site attractif de l’investissement extérieur. Elle le tient d’autant plus méritoirement, il faut le dire, qu’il est doublé d’une hausse tout aussi continue que brusque et élevé, des prix de routes les matières premières, des métaux en passant par les produits alimentaires de base.
Les produits pétroliers et les hydrocarbures présentent, dans ce «panier à crabes» des produits de base dont ne peut se passer une économie, surtout de transformation, comme celle de la Tunisie, l’élément moteur de tout l’outil de production industrielle. Depuis mai 2004, les hausses des prix du pétrole sont devenues même structurelles et n’obéissent plus seulement aux simples conjonctures et conjectures régionales, géopolitiques ou climatiques. De 28 Usd en 2003, le prix du pétrole a «réussit» une moyenne annuelle de 60 % d’augmentation, sans presque jamais revenir, même pour un mois entier, en arrière. Il passe ainsi à 38, 54, 76 et tout récemment à 86 Usd. La courbe de la hausse a été tellement forte, qu’on a constaté même une moyenne de hausse de 30 en 30 jours !
La Tunisie a-t-elle la production pour faire face ?
Il est une réalité qu’on ne peut pas nier. La Tunisie produit du pétrole. Elle en exporte même et les chiffres de son commerce extérieur l’attestent. On aurait même tendance à se questionner sur les peurs exprimées par les ministères de l’industrie et surtout des finances, de ces hausses incessantes des prix internationaux, lorsqu’on sait qu’après nombre d’années de déficit, sa balance commerciale connaît au cours de ces derniers 9 mois, si ce n’est un équilibre, un léger excédent ! On aurait même tendance à persister dans ces questionnements, lorsqu’on voit le nombre croissant de permis donnés à différentes, certes petites, entreprises étrangères de recherche. Lorsqu’on entend parler d’un ensemble de petites concessions pétrolières vraisemblablement aux résultats positifs, appelées «Adam» ou encore «Oasis» et dont on dit qu’elles remplaceraient le mythique champ d’El Borma et même deux fois la capacité de ce puis à la frontière algéro-tunisienne !
Tous ces raisonnements, concernant la production, les droits de passage du gazoduc tuniso-algérien et les quoteparts de l’Etat dans certaines concessions à travers l’Etat qui pourraient être auto-suffisants, seraient selon les sources du ministère des finances, seraient complètement fausses. Il y aurait, selon ces sources «une différence entre la production nationale en tant que quantité et la balance financière de cette production». Il est vrai que tout ce qu’exporte la Tunisie, à partir d’une production qui n’est pas totalement sienne en ce sens qu’elle n’en reçoit réellement qu’une partie, ne représente pas de l’argent qui rentre directement dans ces caisses. Ce n’est, comme diraient les professionnels de la comptabilité, qu’un simple jeu d’écritures comptables ! En réalité donc, la Tunisie est depuis quelques années, un importateur net de produits pétroliers et sa balance énergétique est nettement déficitaire ! Elle importe ainsi plus de 55 % de ses besoins en essence plus de 70 % de ces besoins en gasoil et 100 % en kérosène pour le transport aérien.
On ne le dira jamais directement de source officielle, mais, comme se le demandent beaucoup de personnes, les contacts ont été toujours infructueux avec les «pays frères», pour avoir des prix préférentiels ou même stables ! La production nationale n’aurait toujours pu que supporter 45 % de la facture énergétique. Le reste est supporté par le budget !
Que gagne l’Etat en fiscalité sur les produits pétroliers et combien dépense-t-il ?
Pour y faire face, la Tunisie a depuis toujours préféré des augmentations, non substantielles, mais continues, même si cela pouvait quelques fois sembler aller à l’encontre des cours et des prix internationaux.
tat en fiscalité sur les produits pétroliers?. nances, seraient complètement fausses.uote-parts de l'recherche. l'res de base.Les différentes augmentations ou ajustement des prix locaux, avec des paliers d’une moyenne de 6% et qui ont toujours, assure-t-on le pouvoir d’achat et le pouvoir concurrentiel des entreprises tunisiennes, n’auraient absorbé, selon des sources officielles que 40 % de l’impact ! Deux augmentations, de 4,8 et de 5,5 % ont étés faites en 2004. Trois augmentations, de 4, 8 et 7 % ont été opérées. Trois nouvelles, de presque le même ordre en 2006 et une seule augmentation, nous dit-on, en 2007.
Mais l’Etat « sucre» aussi un certain nombre de taxes et d’impôts sur le prix à la pompe. Cette «cagnotte» fiscale pétrolière, comme on aurait tendance à l’appeler, serait de l’ordre de 497 MDT, un presque rien sur les 5363 MDT qui représentent la fiscalité indirecte ! Une cagnotte aussi qu’on aurait tendance à remettre en cause et à demander même que l’Etat remédie à ces augmentations continues par une diminution de ces recettes à partir des produits pétroliers. Mais ce serait, il faut le dire, mal connaître les impératifs de toute politique budgétaire et des simples procédures de fonctionnement d’un budget. Ce dernier, si l’Etat ne veut pas s’endetter à mort et endetter avec lui les générations futures, se doit de reposer aussi et surtout sur ces propres ressources. Ces dernières ne pourraient pas faire sans les recettes fiscales. Sans ces ressources, en impôts directs et indirects, sont nécessaires par exemples pour payer les salaires et donner des marchés aux entreprises privées à travers les investissements que fait l’Etat chaque année. C’est aussi à ce prix que le budget peut arriver à faire rester la pression fiscale dans les limites de 20,6 % et à compenser différents produits de grande consommation, mais aussi le gaz GPL, le gasoil et l’essence. Cela lui aura coûté en 2007 quelque 450 MDT en compensation directe sur la seule base d’un prix référentiel de 70 Usd ! Cela sans compter que l’Etat cède à la Stir (société de raffinage) ces quoteparts en produits pétroliers, au tiers du prix internationaux pour être raffinés et la même chose pour ces quoteparts en gaz à la Steg. Cela fait une facture supplémentaire de 1500 MDT ! Au total cela fait une facture de compensation de 2000 MDT !
La Tunisie pourrait-elle ne pas augmenter les prix locaux ?
On pourrait aussi se poser la question de savoir pourquoi ne pas alléger cette facture par le transfert de certaines taxes sur d’autres produits, par exemple comme il est communément évoqué, le tabac et les alcools. Ces derniers sont déjà taxés à hauteur de 350 % et le tabac à plus de 4 fois son prix de production. Plus que cela ne ferait qu’encourager le marché parallèle et les taux finiront par tuer les totaux !
Reste la seule solution, amère et tout aussi risquée si on n’améliore pas le rendement de la fiscalité sur les entreprises par exemple et aussi sur les particuliers (ce qui ne veut pas automatiquement dire les augmenter), de continuer à augmenter les prix locaux. On estime généralement que pour annuler ces 2000 MDT de compensation, il faudra augmenter le litre d’essence de 400 à 500 millimes et augmenter 400 millimes ou plus pour le litre du gasoil ! Ce n’est en tous cas pas le choix que semble avoir fait l’Etat tunisien. Le choix serait, certes de continuer à augmenter, mais tout en tenant compte du pouvoir d’achat et de pouvoir concurrentiel de l’entreprise et de maintenir la compensation. Il restera de la responsabilité du citoyen particulier de mieux consommer. Il restera du devoir des entreprises à adopter des politiques de bonne gestion de l’énergie et de s’équiper en énergies alternatives et surtout de payer leurs impôts pour ne pas que cela retombe sur la tête du consommateur qui ne pourra plus consommer et grippera la machine de production. Il restera aussi du devoir de l’Etat d’accélérer l’installation du nucléaire, d’obliger certaines activités telles que le tourisme, à utiliser le solaire, d’encourager le solaire non seulement au chauffage, mais aussi pour la production de l’électricité. Obliger aussi la Steg (Société d’électricité et de gaz) à se mettre à niveau et s’équiper pour la récupération et le transport de cette électricité solaire et bientôt éolienne en attendant nucléaire. Le temps des simples choix et déclarations d’intentions. Le temps est maintenant aux décisions exécutives et aux investissements, certes lourds pour le moment, mais des investissements d’avenir !
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