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4-10-2013-17:40 : Tunis : La plus grande cimenterie d’Afrique entre en production.
Africanmanager

Le moment était presque historique, tant il était attendu par les centaines de cadres qui montaient et remontaient vers la grande salle de contrôle où les techniciens danois essaient d’avoir un moment de calme, avant de shooter la farine dans le tube de cuisson, chauffé à plus de 800 degrés C. La farine, c’est le mélange de pierres broyées, de sable silice, de carbonate de chaux et de fer, puisé dans les anciennes mines tunisiennes et qui sera transformé en Clinker, la matière de base du ciment et que la Tunisie importait jusque là pour les besoins des 5 cimenteries du pays. Le tube de cuisson de 67 mètres, consomme en une heure ce que le Grand-Tunis consomme en gaz naturel. Le tout était sous contrôle vidéo continu dans la salle de pilotage de l’usine de Carthage Cement.

Danois (fabricants) Néerlandais (superviseurs), Turcs et Tunisiens (constructeurs), faisaient les cent pas dans les couloirs de la salle de contrôle et attendaient, ce mardi 1er octobre 2013, les premières pierres de Clinker de l’usine. Sur le site de l’usine, de jeunes techniciens tunisiens, casques de sécurité sur la tête et vestes fluorescentes sur les épaules, parcouraient les dizaines de mètres de couloirs métalliques entre le silo de farine et le four de cuisson pour contrôler que tout va bien. Ils guettaient la bonne marche du four par les petites fenêtres qui renvoyaient la lumière rouge d’un four qui ronronnait et attendaient l’arrivée de la farine dans le tube de cuisson comme on attendrait le Messie. L’impatience était visible et la fierté aussi, sur les visages de ce cadre tunisien qui prouve ainsi sa capacité à reprendre le flambeau d’entre les mains des ingénieurs danois et à diriger ce qui sera la plus grande cimenterie d’Afrique.

Il était 20 heures 37 minutes, lorsque les premières perles noires tombent dans le grand silo couvert de sable. Le soulagement de toutes les équipes qui avaient accompagné le démarrage de l’usine de Jbel Ressas, était déjà sensible depuis les premières coulées du Clinker avant qu’elles ne refroidissent sur les grilles où de puissantes pompes aspiraient la chaleur et la renvoyait dans les circuits d’une usine qui aura finalement coûté quelque 880 MDT.

Une usine aussi, dont le démarrage en soi pourrait relever du miracle, si l’on considère les 179 jours d’arrêt de tous les travaux de sa construction, suite aux troubles de la révolution, en 2011. Une usine confisquée par l’Etat tunisien qui a fallu laisser échapper entre ses doigts un important outil de régulation industrielle du secteur du ciment et un projet dont la rentabilité est plus que garantie.

Il a ainsi fallu la ténacité de sa direction pour convaincre le ministre des Finances de suivre l’augmentation de capital qui aurait pu diminuer le poids de l’Etat dans cette entreprise créée de toutes pièces par Belhassen Trabelsi qui devait lui-même la rétrocéder à des investisseurs du Golfe.

Reprenant l’entreprise, sur décision étatique, Riadh Ben Khlifa et son équipe de techniciens, consacreront jours et nuits à résoudre les problèmes, financiers, structurels, de management et surtout à résoudre les problèmes sociaux du site de l’usine de Carthage Cement à Jbel Ressas, pour éviter l’arrêt des travaux. Pendant 3 ans et un mois, il a fallu batailler chaque jour pour restructurer les finances, restructurer la gouvernance, éviter obstacles semés par une partie des anciens propriétaires de l’entreprise avant sa confiscation, gérer les perturbations sociale sur un site d’entreprise où la cimenterie fait l’objet de toutes sortes de convoitises sociales, doter le projet «Carthage Cement » des capacités financières propres à lui donner les moyens de s’accomplir malgré les retards pris et qui ont impacté le schéma financier initial. Et ce n’est finalement qu’au prix de tels efforts que le projet qui avait démarré en juin 2010, a pu entrer en production, malgré les 6 mois d’arrêt.

Maintenant que Carthage Cement commence sa production de Clinker, les perspectives s’éclaircissent et on pourrait même dire que Carthage Cement arrive à se dessiner un nouvel avenir commercial. C’est ainsi que l’entreprise «négocie actuellement un premier contrat commercial pour la vente de 200 mille tonnes de clinker », déclare son PDG Riadh Ben Khalifa qui révèle également que «la cimenterie est sur le point de réaliser son autonomie énergétique en produisant sa propre électricité». Nous y reviendrons.

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