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20-06-2012-19:41 : Standard & Poor’s revient à la charge, mais sans trop accabler la Tunisie
AfricanManager

L’agence de notation Standard & Poor’s vient de nouveau de s’intéresser à la Tunisie, non pour lui décerner des notes, mais pour faire le point sur l’évolution de son économie et de ses principaux indicateurs, et esquisser la perspective du pays qu’elle juge stable.

La perspective stable reflète l’espoir de Standard & Poor’s que, malgré les incertitudes, la transition en cours vers les élections de 2013 aura lieu sans conflit politique majeur. Le scénario suppose que les équilibres budgétaire et extérieur de la Tunisie se redressent progressivement, au cours des prochaines années. Les pressions négatives sur les notes pourraient cependant s'accentuer si l’environnement extérieur se détériorait encore plus, en raison notamment d'une récession majeure dans les partenaires européens de la Tunisie en matière de commerce et d’investissement, prévient l’agence. Des conflits politiques ou des troubles turbulences dans le processus de la transition pourraient également influer sur la notation. Inversement, S&P pourrait améliorer ses notes si le gouvernement définissait un cadre politique propice à la croissance et à l’assainissement budgétaire, ou si la croissance, les exportations, l’assainissement budgétaire et les investissements étrangers produisaient de meilleurs résultats que ce qui est prévu.

« Nous prévoyons un déficit public de près de 7% du PIB en 2012, soit davantage que le taux de 3,9% précédemment prévu. Nous nous attendons à ce que l’assainissement budgétaire soit progressif alors que les conditions économiques et sociales ne favorisent pas un ajustement plus rapide, avec un déficit qui restera supérieur à 3% du PIB, en 2015 », déclarent les analystes de l’agence. Pour financer ce déficit, S&P estime que la dette publique devra sensiblement augmenter pour atteindre un sommet de 49% en 2013, contre environ 40% en 2010, avant de se stabiliser et diminuer progressivement par la suite. L’agence estime également que l'accès du gouvernement au financement officiel restera fort aussi longtemps que le gouvernement élu suit un plan économique à moyen terme clair.

Les liquidités externes ont également souffert, constate S&P. Sous l’effet de l'effondrement des recettes du tourisme en 2011, le déficit du compte courant s'est fortement creusé à 7,4% du PIB (2 points de pourcentage de plus que les prévisions précédentes) et il restera supérieur à 5,0% jusqu'en 2015. Le financement extérieur brut de la Tunisie en 2012 a besoin de recettes du compte courant (RAC) et des réserves utilisables à environ 109%, qui, prévoit-on, seront financés par des emprunts du secteur public auprès des créanciers institutionnels, ainsi que par le biais de l'investissement étranger direct (IED), et d’une augmentation de la dette du secteur privé.

D’autre part, Standard & Poor’s affirme que la notation continue d'être limitée par la fragilité du système bancaire du pays qui souffre de la faible qualité des actifs. Les créances intérieures sur le secteur privé ont augmenté de 13% en 2011 et cela augmentera encore de 11%, en 2012, en raison d’une politique monétaire laxiste.

Avec un PIB par habitant actuellement à moins de 5000 dollars, la Tunisie est un pays à revenu intermédiaire ayant des besoins de développement qui devraient rester élevés à moyen et long termes, reteignant la flexibilité des dépenses fiscales.

L’agence rappelle enfin que la note à long terme en monnaie locale a été placée sur un pied d’égalité avec la note en devises étrangères, alors que l’on ne prévoit pas d'importants progrès dans la migration du système basé sur le panier de devises à un régime de taux de change flottant. En vertu de nos critères, conclut S&P, une plus grande flexibilité du taux de change est une condition pour une note de distinction.





 

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