La chambre du Commerce et de l’Industrie de Tunis a organisé en collaboration avec l’Union Régionale de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat de la Manouba et l’université de Manouba, un séminaire sur le thème « l’intelligence économique au service de l’entreprise.
Dans ce contexte, Tarek Ben Jazia, Conseiller des Services Publics au sein du ministère du Commerce et de l’Artisanat, a signalé que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à prendre conscience de la dimension stratégique de l’information. C’est évidemment le retour des 3 C japonais : concurrence, coopération, conflit. L’’intelligence économique est le processus coordonné et dynamique de collecte, de traitement et de diffusion de l'information utile aux acteurs économiques. En ce qui concerne la gouvernance de l’entreprise, le décideur est de plus en plus confronté à l’incertitude et le doute, ce qui pose dans la pratique managériale, des difficultés pour appréhender l’avenir. D’ailleurs, la disponibilité de la bonne information, au bon moment, avec la qualité et la pertinence voulue, afin de pouvoir prendre la bonne décision est un enjeu crucial pour toute entreprise. C’est à ce niveau qu’intervient l’intelligence économique. A noter, que le d’intelligence économique paraît quelque peu abstrait pour certains, mais tout derrière on retrouve une réalité toute simple : pour rester compétitives (innover, produire, commercialiser…) les entreprises ont besoin d’une information fiable, complète et exploitable, et surtout une information qui les préserve des risques et les aléas de la conjoncture. Les entreprises comprennent l’importance de l’information, mais la démarche est encore très peu formalisée et mal intégrée dans la réflexion stratégique de l’entreprise, de même qu’au niveau de l’administration publique, En outre, les finalités de l’intelligence économique exigent l’importance d’accroître la compétitivité en s’adaptant aux règles de la concurrence, accroître la compétitivité en modifiant les règles de la concurrence (lobbying), détecter les opportunités et écarter les menaces, innover et suivre l’innovation, décider et être réactif, et enfin agir avant de subir. En effet, L’apport de l’intelligence économique nécessite une nouvelle définition du risque, une vision globale des menaces, une mobilisation des compétences et une maîtrise de la peur. Selon certains précurseurs de l’IE, ce processus est « aujourd’hui aussi indispensable aux entreprises que l’a été le marketing il y a 50 ans ». A rappeler, que L’IE dote l’entreprise d’une capacité de pro activité et action prospective et anticipative, soit une capacité défensive contre les différents changements et menaces qui guettent l’entreprise, et une capacité offensive contre la concurrence. Les enjeux pour une entreprise dépassent de loin la simple collecte de l’information, si utile soit-elle. Elles nécessitent un traitement, une analyse et une valorisation de cette information pour l’exploiter à des fins stratégiques pour l’entreprise. Et pour cela, l’entreprise est tenue de se doter de l’expertise nécessaire pour ce genre d’exercice. La crise économique déclenchée au mois de Septembre 2008, a bousculé les fondamentaux de l’économie mondiale. Pour trouver les solutions à une crise qui risque de déstabiliser l’économie nationale, le président de la République a ordonné la création d’une commission de suivi présidé par le premier Ministre, pour proposer les solutions adéquates pour atténuer l’impact de cette crise. Les travaux de cette commission qui peut être assimilée à une cellule d’IE, ont débouché à des mesures adéquates et un plan d’action qui a permis de sauver des emplois et soutenir des entreprises. Enfin, la pratique de l’intelligence économique exige des actions volontaristes aussi bien au niveau de l’État que des entreprises. Pour reprendre une réflexion du marocain Abdelmalek Alaoui, l’intelligence économique en Tunisie doit nous permettre « d’observer comme les Chinois, d’analyser comme les Français, et d’agir comme les américains ».a affirmé Tarek Ben Jazia. |