Sur un total de 2000 projets agricoles intégrés recensés en 2009, seuls 700 ont été conçus par des bureaux d'études, soit environ 35 pc.
Visiblement, c’est peu, au regard de l’ambition qui est celle de la Tunisie de conférer une haute valeur ajoutée à son agriculture et de la hisser au niveau qui lui permette d’entrer de plain-pied dans les circuits mondiaux à la faveur de la conclusion des négociations sur la libéralisation des échanges des produits agricoles. Alors que l’activité agricole ne devra sa survie qu’à une modernisation tous azimuts, loin des sentiers battus et à l’enseigne d’approches technologiques et commerciales sophistiquées, le rôle des bureaux d’études s’avère d’autant plus essentiel qu’il s’intègre dans une architecture globale, et pour ce qui est de la Tunisie, vise à promouvoir l'investissement privé et à encadrer les investisseurs notamment, les plus jeunes. D’autant que les incitations de l'investissement décidées dans le cadre de la loi de finances de 2010 portent sur l'augmentation de 20 pc de la prime spéciale destinée au projet promoteur revêtant une importance particulière pour l'économie nationale et dont le taux d'intégration est élevé. Associer les bureaux d’études à cette démarche, tel est l’objectif d’une journée d'information organisée, lundi, à Tunis, par l'Agence de promotion des investissements agricoles (APIA). Il s'agit également de la révision du mécanisme de prise en charge d'une partie des salaires au titre de recrutement des diplômés de l'enseignement supérieur outre les mesures relatives au traitement de l'endettement des exportateurs de l'huile d'olive et des propriétaires d'huileries. Le directeur général de l'APIA, Chokri Ayachi, a annoncé que l'Agence procèdera à partir de cette année à l'octroi des incitations prévues pour l'étude de faisabilité qui doit être réalisée par des techniciens spécialisés ce qui est de nature à favoriser l'emploi des diplômés de l'enseignement supérieur. Il a précisé qu'un cahier de charges fixant les conditions (matérielles et humaines) à remplir par les bureaux d'études qui désirent se spécialiser dans l'élaboration des études technico-économiques dans le domaine agricole. Au programme d'activité de l'APIA en 2010, figure notamment l'adoption de 4200 projets d'investissement moyennant une enveloppe de 360 MD, tout en œuvrant à augmenter la proportion des projets intégrés qui doivent faire l'objet d'étude technique et économique à plus de 50 pc au moins. En 2009, l'agence a approuvé plus de 4 000 projets d'investissement, moyennant 383MD en hausse de 12,5 pc par rapport à 2008. Ces investissements ont concerné le secteur des services et de transformation (25 pc) et les activités agricoles (hausse de 10,7 pc). Il va sans dire que l’investissement agricole ne peut être en aucun cas le fait de structures publiques, même si l’Etat a entrepris de se désengager des activités de production, ce qui se traduit par un surcroît de mobilisation de ressources à la charge du secteur privé. Or, celui-ci n’y contribue qu’à hauteur de 55%, selon une étude du ministère du Développement et de la Coopération Internationale. Au demeurant, l’investissement privé est financé par des fonds propres à hauteur de 59%, des crédits bancaires (20%) et le trésor sous forme de subventions de l’Etat à concurrence de 20%. Il reste que à rappeler, à cet égard, que les institutions bancaires interviennent dans le financement de l’agriculture dans le respect de la réglementation établie par la Banque Centrale. Ce sont les grandes exploitations, financièrement viables, qui sont orientées vers le marché libre de crédit. |