Une étude sur les « Femmes chefs d’entreprise en Tunisie » vient d’être élaborée dans le cadre d’un projet régional coordonné par le Centre de recherche et de formation pour la femme arabe (CAWTHAR).
Il s’agit , à travers cette initiative à laquelle s’est associée la Chambre Nationale des Femmes Chefs d’Entreprises “CNFCE ,de donner un éclairage sur le profil des femmes chefs d’entreprises tunisiennes, sur les problèmes qu'elles rencontrent dans le cadre de leurs activités et sur les structures et les moyens susceptibles d’améliorer leurs conditions des affaires, ainsi que d’établir des comparaisons enrichissantes à plusieurs niveaux entre les femmes d’affaires dans cinq pays arabes : le Bahreïn, la Jordanie, le Liban, les Emirats arabes Unis et la Tunisie. L’échantillon sélectionné comprend des femmes chefs d’entreprise jeunes, d’un niveau d’instruction élevé, ayant une vie familiale active et opérant essentiellement dans la région du grand Tunis. La première conclusion générale qui se dégage de cette enquête est que les personnes interrogées, tout en étant relativement optimistes par rapport à l’avenir de l’économie nationale ainsi que par rapport à celui de leur propre entreprise, sont habitées d’un ensemble de préoccupations au premier rang desquelles figurent la crainte de la concurrence étrangère et la compétitivité de leurs entreprises , la difficulté de trouver et de garder de bons employés et les coûts élevés des services publics. S’y ajoutent les lois qui entravent la croissance de l’entreprise, l’amélioration du niveau de compétences en gestion, l’extension à de nouveaux marchés, y compris sur le plan international et les fonds ou les schémas de crédits pour les petites entreprises Les auteurs de l’étude font grief aux femmes chefs d’entreprise sondées de ne pas percevoir comme il se devrait l’utilisation de l’Internet en tant que moyen de compétitivité et d’accumulation d’intelligence stratégique et aussi comme outil indispensable dans une perspective d’ouverture sur les marchés étrangers et la promotion de partenariats internationaux..Il a été constaté, en outre, qu’étant débordées par des activités opérationnelles, elles ne sont pas toujours au fait de certaines actions stratégiques pouvant les aider à développer leurs activités (accès au capital, accès à des marchés étrangers et la technologie), mais que leur crainte manifeste de la concurrence peut être tempérée en renforçant leur niveau de confiance en leurs capacités à travers des formations spécialisées. Le fait est pourtant que celles-ci leur permettent d’acquérir, d’une part, davantage d’assurance et de développement personnel, mais également dans les domaines du management stratégique, du commerce international et du marketing. Au rang des recommandations proposées par l’étude, on relève notamment la mise en place des sources de financement adéquates, ainsi qu’une meilleure écoute des banques pour soutenir l'entreprise dans sa lutte pour la compétitivité, dans le cadre de la concurrence forte des produits « made in China » et la volonté de venir à bout de la sous capitalisation des PME qui entrave leur développement. Il est aussi demandé aux femmes chefs d'entreprise de travailler en réseau, afin de favoriser les échanges d’expériences, de savoir- faire et de conseil, ainsi que les possibilités de partenariat outre la nécessité de constituer des groupements d’intérêt communs féminins pour consolider les efforts en vue de la promotion des produits compétitifs de qualité et répondant aux normes internationales. Le secteur informel n’a pas été non plus oublié . A cet égard, l’accent a été mis sur la nécessité de développer la microfinance pour les femmes qui y opèrent , de les encadrer et les soutenir afin qu’elles puissent développer leurs entreprises et éventuellement se hisser dans le secteur formel de l’économie. |